‹ Catéchisme historique sur la Réformation,: suive de la religion de l'énfance, a l'usage desChapitre 40 sur 51 · Où Farel ne fut il pas plus ménagé · texte numérisé non relu

Où Farel ne fut il pas plus ménagé

A St. -Biaise ; il y disputa contre le Curé , celui-ci s'emporta et le lieutenant qui était présent se mit à crier qu'on devait pendre ce ministre. Il fit tant de

bruit que le peuple accourut et qu'A s*en fallut peu que Farel ne fût massacré. II n'eut que le tems de se retirer à Morat en traversant le lac.

24- Quelles furent les premières paroisses qui se réformèrent dans le Val-de-Ruz?

, Ce furent celles de Dorabresson et de Boudevîllîers •

25. Que se passat-il dans la première, en i53o? Il s'y tint une asssemblée de commune dans la-^

quelle on mit en délibération , si Ton demeurerait 'dans l'ancienne Religion , ou si Ton embrasserait l'Evangile. La pluralité des voix se trouva du côté des partisans de la Réformation , mais la Comtesse de Valangin et son lieutenant Claude -de Bellegarde, s'opposèrent de tout leur pouvoir à ce plus. Us firent dire par force la messe et défendirent aux paroissiens d'aller entendre la parole de Dieu avec menaces en corps et en biens; mais la ville de Sienne à qui la collature des Eglises de Dombresson et de Saçanier appartenait, voulut prendre les armes. Cependant le tout fut terminé à l'amiable dans une journée fixée à Valangin , où les députés de Berne assistèrent avec ceux de Bienne. Les Bernois menacèrent la Comtesse que si elle continuait à persécuter, ils la rangeraient par force. De plus , ils ord Dnnèrent au Lieutenant de rendre l'argent , à tous ceux à qui il avait imposé des amendes au sujet de la Religion. Enfin, ayant par ce moyen tout rétabli en ordre dans l'Eglise de Dombresson , le Curé Marmoud en fut nommé le premier Pasteur.

26. Les gens de Boudevillîers étaient ils traités plus favorablement?

Cette Eglise était alors une annexe de celle d'En- ^lon , et pomme ceux de Boudevilliers avaient em^ brassé la Réformatiôn , le chanoine qui la desserrait sj opposait fortement. De plus, ce village quoique dans la Seigneurie de Valangin dépendait du Comté de Neuchâtel. Aussi le Gouverneur George de Rive appuyait il grandement le chanoine ; même il voulait •confisquer les biens de tous ceux qui quitteraient la messe pour suivre TEvangile.

27. De Neuchâtel où est-ce que Farel porta la lumière évangélique ?

A Valangin , où la ferveur de son zèle mit sa vie <lans un grand danger ; car au moment où accompagné d'un jeune homme, Antoine Boyve, qui ne le quittait jamais, il entrait dans le temple pour y prêcher, il y trouva le prêtre qui élevait Thostie. Farel court à lui , Tarrache de ses mains et la foulant à terre : .Peuple! dit-il d'une voix forte, votre Dieu n'est point au pouvoir d'un homn^e mortel comme oja vous le fait accroire ; c'est là haut, c'est au ciel que repose son incorruptible majesté , dans la gloire de Dieu le Père. Aussitôt le prêtre et toute l'assemblée entrèrent en fureur sur ce qu'ils appelaient une horrible profanation. On sonna les cloches, et le peuple se jetant sur Farel , il fut tellement assailli de coups que son sang rejaillit jusque sur les murailles de l'Eglise, où les taches s'en sontlongtems conservées.

28. Quelles furent les suites de ce tumulte ? Farel fut emmené aux prisons ; et comme le bruit

de l'attroupement se porta du côté du Château , la Comtesse Vergen y qtii était témoin, de sa fenêtre,

cria à ses gens ; c'est un misérable Luthérien , jettezle dans la rivière ", ce qui se serait immanquablement exécuté » sans l'arrivée de quelques bourgeois de Neu" châterqùi obtinrent à force de prières et en offrant caution que Farel et son compagnon fussent transportés dans un lieu sûr , pour y être confrontés et y rendre raison de leur conduite.

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