Par qui Fabry fut-il encore demandé
Par les gens de Rochefort et de Grattes qui s'étant déclarés pour l'Evangile avaient de rudes combats à soutenir contre le châtelain de Boudry nommé Vouga et contre le curé de cette ville qui après avoir été d'abord pour les réformés , les avaient abandonnés et se montraient leurs plus ardens ennemis. Fabry s'y transporta et y prêcha l'Evangile avec un grand zèle. Par ce moyen il les.aflFermit dans la foi et comme l'opposition devenait toujours plus vive à mesure que la vérité s'établissait, il crut nécessaire d'y fixer son séjour durant trois ans.
36. Quel témoignage nous reste-t-il des travaux et des dangers auxquels le ministère Evangelique était exposé?
Une lettre que Fabry écrivait à Farel à Morat à la date du 7 Novembre de l'année i532 , et par laquelle il l'informe d'une conspiration faite contré lui par le châtelain et par le prêtre de Boudry. Les
HISTOBIQUE. Si
rëfoitnës à cette époque avaient été mis en possession par la seigneurie d'un temple qui était à Pbntareuse; et ceux de Boudry avaient Tordre de se contenter de la chapelle qu'ils avaient dans leur ville. La conspiration consistait en ce que l'on devait allfer en armes attaquer les réformés dans le temple de Pontareuse ; mais Dieu les délivra miraculeusement de ce complot ; et l'assemblée s'étant mise en état de se défendre ; les aggresseurs furent obligés de céder. Le conseil de ville de Neuchâtel ayant appris ce qui s'était tramé contre l'Evangile envoya des hommes de sa part qui menacèrent les auteurs du complot et maintinrent pour l'avenir les réformés en sûreté. Le premier pasteur de l'Eglise réformée à Boudry fut en i535 Thomas Barbàrin qui venait de Tùbîngue.
87. Dans le même tems que se passait-il à Bevaix etàCortaillod?
Les paroissiens de ces deux endroits souhaitaient vivement entendre prêcher les ministres du Seigneur et Farel avait soin de les satisfaire. Mais les moines et le curé du prieuré de Bevaix troublaient les réunions du service divin en toutes manières. Chaque fois que des ministres arrivaient de la ville pour prêcher , ils prenaient les armes et appelaient des gens de Boudry pour les chasser. Us en maltraitèrent même quelques uns, les chargèrent d'injures et les poursuivirent jusque près d'Auvernier à coups de pierres et de fusils,
38. De quoi avons-nous lieu d'être surpris en réfléchissant à cette agitation et à tous ces mouve-
mens qui accompagnaient partout les pré^cateurs de la réforme?
On a lieu d'être surpris de ce qu*au milieu d'une lutte si animée et si soutenue et quelquefois jnalgré les imprudences des réformés eux-mêmes qui compromettaient la religion Evangelique, celle-ci ne laissait pas d'être partout étaUie et solidement affermie. C'est ce qui montre d'une manière bien sensible que la réformation n'était pas l'œuvre des hommes , mais l'œuvre de Dieu,
Sg . En quelle année tout le comté de Valangin fit-il profession de la religion réformée?
Ce fut le i5 Juin i53i que dans le Bourg même on abattit les autels. Cependant les deux partis contraires se maintinrent et ce ne fut qu'en i536 que les images furent généralement ôtées des temples et que l'on cessât paitout de dire la messe.
4o. Où se retirèrent les membres du clergé catholique quand la réformation eut été adoptée à Neuchâtel et à Valangin?
Les uns se retirèrent à Motiers et à Fontaines-André où ils continuèrent à desservir leur culte : d'autres passèrent à Fribourg, à Morteau et à Besançon. H y en eut enfin qui abandonnèrent le Papisme pour revenir au pur Evangile. Parmi ces derniers on nomme Jaques Baillod , Benoit Chambrier , et Guillaume Pury.
4i . Qui était le curé de Buttes? ,
C'étak.Thomas Petitpierre ; cette commune fat ht dernîlre du pays qui se convertit malgré tout le «èle que déployait son prédicateur. 'H y eut même
cette circonstance particulière , que les .femmes gardèrent une longue obstination , continuant à se rendre par troupes aux Verrières de Joux pour y vaquer à leurs dévotions , même depuis le changement de leurs maris. Pourquoi leur criait sans-cesse le curé , pourquoi allez-vous au loin chercher de Feaiidans des citernes crevassées et bourbeuses et ne vouz souciezvous pas de venir aux eaux qui jaillissent près devons en vie éternelle ? enfin Thomas Petitpierre eut le bonheur de les réunir à la même foi en 1 544 î îl avait été prêtre 43 ans et il prêcha 32 ans le pur Evangile : il mourut âgé de près de cent ans.
42. Farel ne fit-il pas de grands efforts pour la conversion des deux paroisses qui sont demeurées catholiques?
Oui , le Landeron et Cressîer par leur attachement aux vieilles idées étaient pour lui dans l'exercice de son ministère un sujet continuel de déplaisir et de jalousie. Aussi ne se donna-t-il aucun repos qu'il n'eut assemblé un Synode àNeuchâtel en i54* pour s'y occuper d'une affaire si importante et qui lui tenait tant à cœur. Il engagea même Calvin à y assister et chercha à mettre dans ses intérêts Messieurs de Berne comine coUateurs de l'Eglise du Landeron ; mais tout fut inutile.
43. De qâel établissement l'Eglise et la religion sont-elles redevables dans cet état au zèle et à la sagesse de Farel?
Farel convaincu que le bien des Eglises et de ia religion exigeait pour se maintenir et podàprodaire , des fruits perqianens , le concours habituel de tous
les ministres inslitus^ la'Classe ou la G)nipagnie des pasteurs , dont les assemblées se tinrent d'abord le jeudi de chaque semaine pour s'y occuper de tout ce qui concernait l'avantage et Tédification des paroisses du pays,
44- Quelle démarche la Gasse de Neuchâtel fit-= elle auprès de Farel en 1 538 ?
Pénétrée de toutes les obligations que l'État avait à cet excellent serviteur de Dieu , elle chercha à se l'attacher pour toujours et à le fixer dans son sein. Cette négociation ne réussit point alors, mais plus tard en i543 vivement touchée des dangers toujours renaissans auxquels le réformateur s'exposait, la Qasse de Neuchâtel insista auprès de Farel avec tant de force, qu'il se rendit à ses instances et fût établi comme premier pasteur ordinaire et chef du clergé de la ville, fonctions qu'il conserva jusqu'à sa mort.