DEVOIRS DES CITOYENS
Mais si les citoyens ont des droits à exercer, ils ont aussi des devoirs à remplir.
Tout membre de la société doit se montrer l’invariable et religieux observateur des lois et respecter le pouvoir qui en est l’organe. Le citoyen arrêté au nom de la loi doit obéir à l'instant.
Le bon citoyen doit consentir à payer l’impôt qui a été librement voté par les représentans du peuple.
Il doit respecter et maintenir la liberté, la sûreté et la propriété d’autrui, et regarder comme une tyrannie contre la société entière toute injustice faite à l’un de ses membres.
‘ Chaque homme” dit un publiciste, “ doit faire ce raisonnement: je veux être heureux, mais je vis avec des hommes dont chacun veut aussi être heureux ; il faut donc que je cherche le moyen de me procurer mon bonheur, en procurant aussi le leur, ou du moins sans nuire au leur,
4 1 nous importe d'être unis avec les autres hommes, de vivre en paix et en bonne intelligence avec eux. Le plus sûr moyen d’obtenir cette paix, n’est-ce pas de faire tous nos efforts pour l’établir ?
«€ Il nous importe qu’on nous protêge, et que nos vies et nos biens soient en sûreté. Comment espérer cet avantage si nous sommes les premiers à ravir le bien d’autrui, si nous attaquons sa vie au lieu de la défendre ?
‘ Chaque homme doit se regarder comme membre de la société humaine, citoyen du monde, et partie d’un grand tout dont il doit procurer les avantages. Il n’est pas permis à un homme de se regarder comme détaché des autres hommes.
‘ Chaque homme a intérêt que les autres hommes observent les lois naturelles; et c’est pour cela qu’en général la multitude protége ceux qui sont opprimés par la violation de
C notre
CATÉÊCHISME POLITIQUE. 15
ces lois. Si un homme prétendait tout rapporter à son propre avantage, sans égard à celui des autres, chaque homme serait en droit d’en user de même envers lui, et il naîtrait de là une guerre de chacun contre tous, et une anarchie générale qui est le plus grand de tous les maux dont le genre-humaim puisse être aflligé.
‘“ Si nous pratiquons au contraire les devoirs de la justice envers les autres, nous sommes en droit d’exiger que les autres la pratiquent aussi: et ils sont disposés à le faire à notre égard, par cela même que nous le fesons au leur.
€ Nous devons nous entr’aider, nous faire du bien les uns aux autres, et employer nos soins, notre industrie et nos biens même à resserrer les nœuds des sociétés humaines.” (a)
(a) Science du gouvernement, tome III, chap. VI. sect. 4.