ADOUCISSEMENT DES MŒURS
vous voulez parler», car il y en a plusieurs, pour le moins cinq: celle des calvinistes qui, pendant presque tout le XVIe siècle, n'ont cessé de démolir, incendier, piller les églises, de spolier et égorger les catholiques, sans épargner les femmes, les enfants, les vieillards ; le nombre des victimes fut très considérable ; — celle de la reine Catherine de Médicis et du roi Charles IX, qui, le 24 août 1572, firent massacrer plusieurs milliers de protestants (l'évaluation varie de 2,000 à 6,000; ce dernier chiffre est évidemment exagéré) : — celle des républicains de 93, qui guillotinèrent, noyèrent ou firent mourir de faim, dans les cachots tous les Français qui ne pensaient pas comme eux. Cette Saint-Barthélémy fut la plus sauvage, la plus sanglante de toutes ; dans les diverses phases sanglantes de sa Saint-Barthélémy, la révolution de 93 fit mourir deux millions d'hommes1.
Deux millions !
«Il a été planté 51,634 arbres de la liberté, et l'on a incarcéré 400,000 individus. Il a été porté 160,000 bonnets rouges, signe de la liberté, et l'on a guillotiné, égorgé 1 million d'hommes. On a ruiné et fait mourir de faim une partie de la population pour gorger une classe de nouveaux riches ».
Comment aurait-il pu n'en être pas ainsi? remarque M. A. Ravelet. Il y avait 148 tribunaux révolutionnaires fonctionnant sans relâche. Du 4 décembre 1792 au 24 fructidor an IV, il a été rendu par la Convention 44 lois portant peine de mort pour attentats divers contre la révolution.
1. (Journal le Monde du 13 mai 1874). Le chiffre des victimes de la Révolution est de deux millions, qui Ta supputé, qui a fait ce calcul horrible? plusieurs historiens, entre autres un témoin oculaire, non suspect aux républicains, puisqu'il resta républicain convaincu, éprouvé, ennemi des prêtres et de la royauté, après avoir été un révolutionnaire exalté, Prudhomme, éditeur des Révolutions de Paris, journal de la révolution de 1789 à 1794, qui compta jusqu'à 200,000 lecteurs, puis auteur de Y Histoire générale et impartiale des
Celle des bonapartistes, lors du coup d'Etat de 1852. dans laquelle plus de soixante mille français furent égorgés ou déportés; celle des journées de juin 1848, qui fit couler le sang français à flots dans les rues de Paris; — la dernière fut celle de M. Thiers, en 1871, dans laquelle quarante mille communards, dit-on, furent mitraillés, fusillés ou tués à coups de baïonnettes.
erreurs, des fautes et des crimes commis pendant la Révolution. Voici quelques parties de son tableau récapitulatif: