XII AVIS DKS EDITEURS
renferme le mot politique, et de mettre le lecteur au courant de ces choses, trop ignorées généralement, ou, ce qui est pire encore, mal sues. La pensée de l'auteur anonyme est, répétons-le, saine, ennemie de l'iniquité révolutionnaire, habitant les régions du droit social, de la vérité, de la morale et de la justice. Honneur à lui !
Après avoir constaté l'universalité des sujets que comprend le Catéchisme politique, la Bibliographie remarque que ces « matières multiples sont traitées avec un soin particulier et une ferme méthode ». Elle fait connaître cette méthode déjà exposée par M. de Saint-Chéron, et ajoute:
La marche générale est celle-ci, à travers 20 chapitres servant de division.
Quelle est l'origine de la société? est-elle naturelle ou conventionnelle ? Elle est naturelle, de volonté divine, ainsi que le montrent et l'histoire et les livres sacrés, malgré les paradoxes de Jean-Jacques Rousseau et de Darwin, confondus par tout l'être humain, ses instincts, ses penchants, ses attributs, ses qualités, ses défauts même et ses besoins. — Le second chapitre, prenant cette société naturelle et primordiale que les erreurs anciennes avaient corrompue, la fait voir perfectionnée par le Décalogue et le christianisme. Ici abondent les points de vue supérieurs, les développements curieux, intéressants, instructifs: abolition de l'esclavage, réhabilitation de la femme, assistance publique, devoirs réciproques des parents et des enfants, des maîtres et des serviteurs, des patrons et des ouvriers, des supérieurs et des inférieurs; homicide, peine de mort, défense légitime, spectacles sanglants, guerre, duel, etc. ; les maux de la France et son relèvement impossible, sans le retour absolu aux lois du christianisme, qui ne sont point, au reste, celles du protestantisme. Ces pages sont pleines de bon sens et se recommandent par une saine morale.
AVIS DES EDITJiUUS XIII
Nous passons de là à la fameuse arche, sacro-sainte, disent quelques-uns, des principes de 89, invoqués à tort et à travers, mal définis, mal entendus, ignorés comme texte par la plupart de ceux qui les allèguent avec instance et solennité. L'auteur observe judicieusement que pour en disserter, il serait à propos de les connaître, puis d'en distinguer l'objet, de saisir la formule par laquelle on les a exprimés, le fonds de vérité qu'ils peuvent contenir, en outre, l'intention des premiers rédacteurs, et le sens qu'on y a depuis attaché ou voulu attacher.
Quant à la souveraineté, qui fait l'objet du chapitre IV, où l'on en discute la nature, l'origine, le dispositif, les conditions, bornons-nous à dire que le Catéchisme s'exprime en vrai catholique, plaçant au-dessus des raisonnements du jour l'Évangile et l'enseignement de l'Église.
L'ordre exige qu'on passe aux formes de gouvernement. Nous ne pouvons que louer, avant tout, les observations très sages de l'auteur sur le suffrage universel et sa pratique. Quant à la forme cherchée, il examine froidement laquelle convient le mieux à la France, tant pour la prospérité intérieure que pour ses relations avec les autres peuples, soit pour le progrès matériel, soit pour le progrès moral. Il fait, au moyen de la statistique, le bilan des divers gouvernements qui se sont succédés chez nous, depuis plus d'un siècle. Il raconte par quelles phases la forme du gouvernement français a passé, depuis 1870 jusqu'en 4875 inclusivement.
Le gouvernement choisi, constitué, fonctionnant, il est indispensable d'assurer son mécanisme propre. Nous verrons donc comment ce mécanisme est organisé, chez les autres nations, comment il l'a été en France, d'après les diverses constitutions, et comment il doit l'être. Nous passons en revue les attributions du chef de l'État, au triple point de vue législatif, exécutif, judiciaire ; la responsabilité des ministres, le droit de répression, celui de déclarer la guerre, de faire les traités d'alliance et de commerce, les règlements d'administration publique, etc.