LOI ÉVANGÉLIQUE DE L'AUMÔNE
500 Est-on tenu de soulager le prochain en prenant sur son néces- 4 saire ou sur celui de sa famille, ou en rptranchant quelque chose de ce que les convenances ou la bienséance nous imposent ?
R. Non; mais dès qu'on a suffisamment pourvu à ce qu’exigent la nécessité et le decorum, c'est un devoir de verwer le superflu dans le sein des pauvres.
5lo Est-on tenu à cela en stricte justice ?
R. Sauf les cas d'extrême nécessité, on est tenu à cela, non pas en stricte justice, mais par la charité chrécienne,
520 Peut-on invoquer la justice humaine pour exiger l'accomplissement de ce devoir de charité chrétienne ?
| R. Non ; mais au-dessus des lois humaines, il y a la loi et le on PA jugement de Jésus-Christ, qui nous porsuade de toutes les manières de faire habituellement l’aumône.
530 Cominent peut-on résumer cette doctrine ?
R. Voici en quelques mots le résumé do cette doctrine : Tous les biens que nous avons reçus de la divine Bonté, doivent être
employés à notre propre perfectionnement et au soulagemont dos autros,
LES DÉSHÉRITÉS DE LA FORTUNE Notre-Seigneur Jésus-Christ, leur modèle
b4o Qu'est-ce que l'Eg\ise enseigne aux déshérités de fa fortuno ?
R. Elle leur enseigne que, selon le jugement de Dieu lui-même, la pauvreté n'est pas un opprobre et qu''l ne faut pas rougir de devoir gagner son pain à la sueur de son front. C'est co que Jésus-Christ lui-mêms a confirmé par son exemple.
55v Où résident la vraio dignité st l'oxce!!ence de l'hommo ?
R. Dans ses mœurs, c'est-à-dire dans la «vertu, qui est lc patri. moine commun et à la portée do tous les hommes, sans exception.
56v Quelles sont les classes vers lesquelles le cœur do Dieu semble s'incliner davantage ?
R. Cv sont les classes infortunées. Jésus-Christ, en offet, appelle les psuvres des bionhéureux, il invite avec amour: à venir à lui tous ceux qui souffrent et qui pleuront, afin de les consoler.
57e Quelles sont les conséquences de cos doctrines ?
K, Ces dontrines sont bien faites, sans nul doute, pour humilicr l'âme hautaine du riche et le rondro plus condescendant, pour rolever le courage de ceux qui souffrent et leur inspirer de la résignation.
58° Qu'arriverait-il, si elles pouvaiont une fois prévaloir dans les sociétés ?
R. On saurait et on comprendrait, de part et d'antro, que Îien est le principe et la fin do tous les hommes ; que tous ont été égaloment rachetés par Jésus-Christ ; quo tous les bions do nature et tous las trésors de la grâco appartiennent en commun et ‘indistinctement à tout le genre humain ; quo Dieu soul ost capable de conimuniquer aux anges et aux hommes une félicité parfaite : et absolue, et l'on verrait s’opérer l'union des volontés non seule:
* mont dans une même amitié, mais dans l'amour fraternel,