DU PATRIMOINE DE LA CHARITÉ DANS L'ÉGLISE
70e Quelle était la charité mutuelle des premiers chrétiens ?
R Leur charité mutuelle était telle, qu'il n’était point rare de vor les riches se dépouiller de leur patrimoine en faveur des
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pauvres; les diacres étaient chargés de la distribution quotidienne des aumônes ; saint Paul lui-même n'hésitait pas à entreprenüre de pénibles voyages pour porter des secours aux chrétiens indigents, et des secours da mème genre étaient spontanément offerta par les fidèles d£ns chacune de leurs assemblées.
71° Comment Tertullien appelle-t-il ces derniers secours ?
R. Il les appelle ‘ les dépôts de la piété ”, parce qu'on les employait ‘ à entretenir et inhumer les personnes indigentes, les orphelins pauvres des deux sexes, les domestiques âgés, les victimes
du naufrage, ” Ces dépôts ont peu à peu formé ce patrimoine.
que l'Eglise a toujours gardé avec un soin religioux comme le bien
propre de la famille des pauvres, et qu'elle a fait servir à fonder
des sociétés re. gieuses et une foule d’autres institutions utiles.
720 Que faut-il penser de la bienfaisance établie par les lois civiles pour remplacer la charité chrétienne ?
R. La charité qui se voue tout entière et sans artière-pensée à
l'utilité du prochain, ne peut être suppléée par aucune industrie’
humaine. L'Eglise seule possède cette vertu, qu’on ne puise que dans le Cœur Sacré de Jésus-Christ,
730 Pour obtenir le résultat voulu, ne faut-il pas, toutefois, recourir de plus aux moyens humains ?
R. Tous ceux que la chose regarde doivent viser an même but’
et travailier de concert, chacun dans sa sphère.
LE RÔLE DE L'ÉTAT DANS LES QUESTIONS QUI TOUCHENT AU CAPITAL ET AU TRAVAIL.
d4o Qu'entendons-nous ici par l'Etat ?
R. Nous entendons tout gouvernement qui répond aux p: éceptes
de la raison naturelle et des enseignements divins, et non point tel’
gouvernement établi chez tel peuple en particulier. 75e Que domiande-t-on d'abord aux gouvernants ?
R. On leur demande de faire en sorte quo la prospérité, tant publique que privée, découle spontanément et sans effort de l'orga-
nisation et du gouvernement de la société, et de. s'appliquer à faire’ observer les lois morales.
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76° Qu'est-ce qui rond une nation prospère ?
R. C'est: 19 la probité des mœurs ; 2v la probité des familles fondées sur des bas“s d'ordro et de moralité ; 3° la pratique de la religion ; 4° le respect de la justice ; 59 une imposition modérée ; ‘6 Une répartition équitable des churges publiques ; To le progrès de l’industrio et du commerce ; 8° une agriculture flor ssanto, ot d'autres éléments, s’il en est, du même genre.
77° Si, par tous cos moyens, l'Etat peut se rendre utile aux autres clisses, peut:il, de la même manière, améliorer ls sort de la classe ouvrière, sans avoir à redouter le roproche d’ingérence, ”
R. Non seulement il le peut, mais, en vertu même de son office, l'Etat doit servir l'intérêt commun,