‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 113 sur 127 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

La FfiMHB. Son intervention civique devant surtout consister à régler dignement les relations habituelles entre le patriciat et le prolétariat, je vous prie, mon père, de caractériser spécialement cet office fondamental.

Le Prêtre. Pour cela, ma fille, je dois d'abord spécifier davantage la constitution normale de Tindustrie moderne. Elle repose sur deux conditions générales, déjà sensibles à la fin du moyen âge, et toujours dévelo))pées depuis : la division entre les entrepreneurs et les travailleurs; et la hiérarchie intjérieure du patriciat, d'où résulte celle du prolétariat. La subordination des campagnes envers les villes complète cette organisation.

Après l'abolition du servage, l'industrie surgit assez pour se dispenser de travailler sur commande ; elle pourvut d'avance aux besoins publics. Dès lors, les entrepreneurs proprement dits se séparèrent bientôt des simples travailleurs. Leur essor distinct détermina graduellement, d'après la nature de leurs occupations, la hiérarchie normale que notre culte vous indique déjà. Elle s'élève des agriculteurs aux fabricants, puis de ceux-ci aux commerçants, pour monter enfin aux banquiers, en fondant chaque classe sur la précédente. Des opérations plus indirectes, confiées à des agents plus choisis et moins nombreux, exigent ainsi des conceptions plus générales et plus abstraites, comme une plus vaste responsabilité. Ce classement spontané, systématisé par le positivisme d'après notre principe hiérarchique, érige la coordination normale de l'industrie en prolongement

naturel de celles qui sont propres d'abord à la science, puis à Tart.

L'efficacité sociale de cette hiérarchie industrielle suppose que le patriciat est assez concentré pour que chaque membre y administre tout ce qu'il peut réellement diriger^ afin de diminuer le plus possible les frais de gérance et de mieux assurer la responsabilité. Ici le véritable intérêt des inférieurs coïncide pleinement avec la tendance naturelle des supérieurs. Car de grands devoirs exigent de grandes forces. Nos désordres actuels sont surtout aggravés par l'envieuse ambition de la petite bourgeoisie et son aveugle dédain des existences populaires. Quand ses mœurs seront assez régénérées, sous l'impulsion combinée des situations et des convictions, sa tète se fondra dans le patriciat et sa masse dans le prolétariat, de manière à dissoudre les classes moyennes proprement dites .

La Femme. Cette indispensable concentration des richesses est déjà souhaitée, mon père, par les prolétaires de nos grandes villes, comme un véritable bienfait social, quoique nos campagnards persistent trop à désirer une dispersion presque indéfinie. Mais une telle condensation doit beaucoup dépendre de la transmission héréditaire des propriétés. L'indication que vous avez ébauchée à cet égard dans l'explication du culte me paraissant insuffisante, je vous prie de la compléter ici.

Le Prêtre. Il faut, ma fille, la rattacher au principe plus général qui règle la succession normale des fonctionnaires quelconques. Le mode électif ne fut introduit que comme une protestation, longtemps indispen-

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