‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 116 sur 127 · TROISIÈME PARTIE. 3li · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 3li

juste irresponsabilité s'y trouvera sans cesse apprécié, quand la vie de famille aura convenablement surgi dans le milieu le plus propre à la bien goûter. Alors le prolétariat sentira que le principal office du patriciat consiste à procurer à tous le paisible essor de ces satisfactions domestiques, où réside surtout notre vraie félicité. Leur moindre développement chez les chefs spirituels ou temporels, toujours préoccupés d'une immense responsabilité, fera généralement regarder comme plus digne de pitié que d'envie une élévation qui n'a d'autre compensation solide qu'une meilleure participation au bien public. Mais cette noble récompense n'est assez goûtée que des âmes d'élite, toujours très-rares dans le patriciat, et même au ^ein du sacerdoce. Il faut donc laisser un juste cours aux satisfactions vulgaires de l'orgueil on de la vanité, seules capables ordinairement d'exciter assez le zèle qu'exigent le commandement et le conseil.

La Femme. Je voudrais, mon. père, connaître avec plus de précision cette attribution fondamentale des libres administrateurs du capital humain pour assurer aux prolétaires un digne essor de l'existence domestique, première garantie normale de l'ordre civil.

Le Prêtre. Bornez-vous, ma fille, à concevoir chacun d'abord comme propriétaire, puis comme salarié. Un prolétaire quelconque doit posséder tous les matériaux d'un usage exclusif et continu, soit à lui-même, soit à sa famille. Cette règle, évidemment réalisable, peut seule assurer l'ordre pratique. Mais nous sommes loin de son digne accomplissement. Beaucoup d*hom-

mes estimables sont encore dépourvus de la propriété de leurs meubles les plus usuels ; et quelques-uns n'ont pas seulement celle de leurs vêlements. Quant au domicile, vous savez que la plupart des prolétaires restent plutôt campés que casés dans nos cités anarchiques. Il suffirait pourtant de décomposer en appartements la vente ordinaire des maisons, comme on le voit en quelques villes, pour que chaque famille populaire, après un léger surcroît de loyer pendant quelques années, possédât irrévocablement son logement.

Le culte et le régime privés déterminent assez l'étendue normale d'un tel domicile, et caractérisent l'importance de sa fixité, sans laquelle on peut dire que la première révolution humaine, le passage de la vie nomade à l'état sédentaire, demeure inachevée. Elle doit même réagir sur la stabilité fhatérielle des relations industrielles, en supprimant spontanément un funeste vagabondage. Tout en consacrant la pleine liberté du concours humain, la religion positive impose à chacun le devoir de ne jamais changer sans de graves motifs ni ses inférieurs ni ses supérieurs. La capricieuse mutation des fournisseurs habituels devient elle-même blâmable, puisqu'elle tend à troubler l'économie générale de leurs opérations, qui suppose une suffisante fixité dans leur clientèle.

Quant au salaire périodique, il doit être normalement composé de deux parties inégales, l'une indépendante du travail effectif et propre à l'office correspondant, l'autre subordonnée aux résultats journaliers. C'est le seul moyen de garantir les ouvriers contre les

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