PREMIÈRE PARTIE
multanément, d'après Tuniformité spontanée de leurs subdivisions hebdomadaires. Envers le principal d'entre eux, sa première moitié est consacrée à la paternité complète, d'abord involontaire, puis adoptive, et la seconde à la paternité incomplète que procure, dans toute société régulière, l'autorité spirituelle ou le patronage temporel. De là résultent, en décroissant, les quatre degrés normaux de Taftection paternelle, respectivement glorifiés par les quatre fêtes hebdomadaires du troisième mois positiviste. Or, les mêmes distinctions et gradations se reproduisent nécessairement envers la filiation et la fraternité, ce qui dispense ici de toute explication nouvelle pour le quatrième et le cinquième mois.
Quant au sixième, il honore d'abord la domesticité permanente, qui distinguera toujours une classe trèsnombreuse, mais spéciale, puis la situation analogue où tout homme se trouve ordinairement pendant son initiation pratique. Le premier cas exige nettement une subdivision importante, habituellement manifestée par la résidence ; suivant que la domesticité est complète, chez le serviteur proprement dit, ou incomplète, chez le commis, simplement chargé d'un office déterminé. Quand les mœurs normales auront assez concilié le service domestique, surtout féminin, avec le plein essor des affections de famille, le culte positif fera protondément sentir la supériorité morale de la première situation, oîi le dévouement devient plus pur et plus vif. La niême distinction s'applique, quoique d'une manière moins prononcée, à la doniesticiié passagère, et s'y
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trouve pareillement indiquée par le domicile. De là ré*sultent les deux autres fêtes du sixième mois, respectivement consacrées aux pages et aux apprentis, suivant que les maîtres sont riches ou pauvres.
La Femme. Tout ce développement spécial des diversliens fondamentaux ne me présente, mon père, aucune difficulté. Mais je crains que mon insuffisance historique ne m'empêche de comprendre assez 1^ seconde série sociolatrique. Car l'ensemble de la préparation humaine ne m'e^ encore que trop imparfaitenaent connu.
Le Prêtre. Cela suffit, ma fille, pour vous faire apprécier déjà la succession générale des trois états prélinai'* naires indiqués au tableau sociolatrique. Mais quant à la décomposition hebdomadaire de chacun d'eux, vous ne pourrez, en effet, la bien concevoir que d'afwrès l'en** tretien historique qui terminera ce catéchisme. Je me borne donc à la principale coordination, en vous chargeant de la compléter spontanément lorsque vous aurez acquis les notions convenables.
La synthèse fictive, toujours fondée sur la recherche des causes, comporte deux modes différents, suivant que les volontés auxquelles on attribue les événements» appartiennent aux corps eux-mêmes ou à des êtres extérieurs, habituellement inaccessibles à tous nos sens. Or, le régime direct, plus spontané qu'aucun autre, constitue le fétichisme initial ; tandis que Tindirect ca^ ractérise le théologisme qui le suit. Mais ce dernier état, moins pur et moins durable que le premier, présente successivement deux constitutions distinctes, selon quer
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les dieux restent multiples ou se condensent en un seul. Le théologisme, qui n'institue, au fond, qu'une immense transition spontanée du fétichisme au positivisme, émane de l'un dans le polythéisme et conduit à l'autre par le monothéisme. Quand cette succes&ion intellectuelle se trouve complétée par la progression sociale qui lui correspond, Tensemble de l'initiation humaine est assez caractérisé, comme vous le sentirez bientôt.
Vous pourrez alors apprécier assez l'aptitude de notre seconde série sociolatrique à glorifier dignement toutes les phases [essentielles de cette longue préparation, depuis le premier essor des moindres peuplades jusqu'au double développement de la transition moderne. Cette pleine célébration du passé humain en douze fêtes hebdomadaires résulte de la condensation historique que comporte, par sa nature, le culte abstrait.
La. F£itfM£. Nous pouvons ainsi, mon père, commencer la dernière série sociolatrique. Le mois consacré à la providence morale ne m'y présente aucun embarras, d'après l'évidente distinction qui sépare les types féminins propres à ses quatre fêtes hebdomadaires. Mais la décomposition du mois sacerdotal m'échappe encore.
Le Prêtre. Concevez-la, ma fille, d'après les divers modes ou degrés du sacerdoce positif, rangés suivant leur plénitude croissante. Ce grand ministère exige un rare concours des qualités morales, tant actives qu'affectives, avec les talents intellectuels, esthétiques et
scientifiques. Si donc ceux-ci se trouverit seuls saillants, leurs possesseurs, après une culture convenable^ doivent rester, toujours peut-être, simples pensionnaires du pouvoir spirituel, sans jamais aspirer à s'y incorporer. Dans ces cas heureusement exceptionnels, le plus beau génie, poétique ou philosophique, ne saurait dispenser de tendresse et d'énergie un fonctionnaire qui doit être habituellement animé d'intimes sympathies et destiné souvent à des luttes difficiles. Ce sacerdoce incomplet permet de cultiver dignement tous les vrais talents sans compromettre aucun service social.
Quant au sacerdoce complet, il exige d'abord un degré préparatoire, que l'aspirant ne dépassera point si, malgré sa vocation proclamée, il ne subit pas avec assez de succès le noviciat convenable. Après cette épreuve décisive, il obtient, à trente-cinq ans, le sacerdoce direct et définitif, mais en l'exerçant pendant sept ans au degré secondaire, qui caractérise le vicaire ou suppléant. Quand il a dignement accompli toutes les phases de notre enseignement encyclopédique, et même ébauché les autres fonctions sacerdotales, il s'élève, à quarante-deux ans, au principal grade, en devenant irrévocablement un prêtre proprement dit. Telles sont les quatre classes théoriques que célèbrent respectivement les fêtes hebdomadaires du onzième mois.
La Fe^me. Le suivant, mon père, n'exige aucune explication spéciale. Quoique l'existence pratique me soit peu familière, son caractère nettement tranché me per-