‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 53 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

cette loi générale de la modificabilité érige doublement la morale en art principal, soit pour son importance ^périeure, soit aussi d'après le champ plus étendu qu'il offre à notre sage activité. La pratique et la théorie concourent donc à justifier de plus en plus la prépondérance systématique que le positivisme accorde à la morale.

La Fsmms. Puisque vous m'avez assez expliqué maintenant Tensemble du dogme positif, je voudrais, mon père, avant de vous quitter aujourd'hui, connaître d'avance rob}et propre des deux autres entretiens que vous m'avez promis sur cette première partie de votre catéchisme. Je ne vois pas, en efièt, ce qui me resteencore à savoir envers cette base systématique de la religion universelle, pour passer convenablement à l'élude directe et spéciale du régime, qui doit enfin m'occuper. Le PfiSTRE. Les notions précédentes sont, ma fille, trop abstraites et trop générales pour vous laisser des traces suffisantes si je ne les complétais par des explications moins universelles et mieux déterminées, dont je ferai d'ailleurs un fréquent usage. Sans vous arrêter spécialement sur chaque phase encyclopédique, comme dans la nouvelle éducation occidentale, je me borne à vous demander d'apprécier séparément les deux parties inégales qui composent historiquement Tensemble de la philosophie positive. ••

Cette division spontanée consiste à décomposer l'or- 'dre universel en ordre extérieur et ordre humain. Le premier, auquel correspondent la cosmologie et la biologie, constitua, sous le nom de philosophie naturelle^

devenu vulgaire en Angleterre, le seul domaine scienti* fique de Tantiquité, qui oe put même que l'ébaucher statiquement. Outre que le véritable esprit théorique ne comportait pas alors un essor plus complet, le régime social devait repousser une extension prématurée, qur ne pouvait longtemps aboutir qu*à compromettre Tordre initial sans assister réellement le progrès final. Seulement, le génie exceptionnel d'Âristote, après avoir ^systématisé, autant que possible, la philosophie naturelle, prépara la saine philosophie morale, en ébauchant assez les deux parties essentielles de la statique humaine, d'abord collective, puis individuelle. Aussi ne fut-il vraiment apprécié qu'au moyen âge, quand la séparation provisoire des deux puissances suscita l'essor direct de nos principales spéculations. Mais cette précieuse impulsion sociale ne pouvait dispenser le véritable esprit philosophique du long préambule scientifique qui le séparait encore de son meilleur domaine. C'est pourquoi cette division provisoire se prolongea jusqu'à nos jours. Elle doit ainsi présider à la dernière transition de ia raison occidentale, dirigée par le positivisme.

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