DEUXIÈME PARTIE
pédique, à l'aide de termes fort usités, je dois surtout la motiver, en la caractérisant.
La F£mme. D*après le peu que je comprends, par' ouï-dire, envers les trois sciences que vous venez d'introduire, je soupçonne, mon père, pourquoi vous les intercalez ici. Car, leur interposition prévient un vœu que je vous aurais prochainement exposé, quant à la continuité encyclopédique. En comparant, sous cet aspect, les sciences inférieures et les sciences supérieures, notre échelle primitive à cinq degrés m'offrait une grave disparate. Je conçois sans effort, d'après la seule connexité des phénomènes, comment on s'élève insensiblement de la biologie à la sociologie, et de celle-ci à la morale, quoique j'aie besoin de connaître, à cet égard, vos explications spéciales, pour mieux préciser mes idées. Au contraire, je ne pouvais assez comprendre d'abord la transition de la mathématique à l'étude directe de l'ordre matériel, et encore moins celle de la cosmologie à la biologie. Cela pouvait provenir, sans doute, de mon ignorance plus complète envers les conceptions inférieures. Mais je sentais aussi que ce défaut d'harmonie "^devait tenir à la prppre constitution de notre première échelle, quoique je ne pusse aucunement apercevoir le remède, ni même savoir s'il existait. Je m'habituerai donc sans peine aux sept degrés encyclopédiques, si cette légère complication me procure une suffisante satisfaction de ce besoin d'ordre. Toutefois, je reconnais que, si vous aviez ainsi procédé d'abord, j'eusse éprouvé trop d'embarras à concevoir
l'ensemble de votre hiérarchie abstraite.
m CATÉCHISME POSITIVISTE.,
Le Prêtre. Puisque vous avez deviné le motif fonda* mental de cette modification finale, il ne me reste, ma fille, qu'à compléter votre travail spontané, en vous indiquant systématiquement la nature et la destination des trois sciences introduites.
La religion positive définit Tastronomie comme Yé^ tude céleste de la planète humaine ; c'est-à-dire la connaissance de nos relations géométriques et mécaniques avec les astres susceptibles d'affecter nos destinées en modifiant l'état de la terre. C'est donc autour de notre globe que nous condensons subjectivement toutes les théories astronomiques, en écartant radicalement celles qui, ne s'y rattachant pas, deviennent aussitôt oiseuses, quand même elles seraient accessibles. De là résulte l'élimination finale, non seulement de la prétendue astronomie sidérale, mais aussi des études planétaires qui coticernent des astres invisibles à l'œil nu, et dès lors dépourvus nécessairement de toute véritable influence terrestre. Notre vrai domaine astronomique se réduira donc, comme au début, aux cinq planètes toujours connues, avec le soleil, centre de nos mouvements comme des leurs, et la lune, notre seul cortège céleste.
Toute la différence essentielle entre notre doctrine et celle des anciens consiste ici, comme ailleurs, àsubsti^ tuer enfin le relatif à l'absolu, en rendant purement subjectif un centre qui fut longtemps objectif. C'est poui^quoi la découverte, ou plutôt la démonstration, du double mouvement de la terre constitue la principale révolution scientifique propre au régime préliminaire de la raison humaine. L'un des plus émineiits précur-