‹ Catéchisme positivist: ou, Sommaire exposition de la religion universelle enChapitre 65 sur 127 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

lions animâtes se He naturellement à la belle observation de Bichat sur la symétrie canstante des organes correspondants, dont chaque moitié peut être active tandis que Tautre reste passive. La seconde loi, qui, comme dans tous les autres cas, suppose la précédente mais sans en résulter, proclame la tendance de toute fonction intetmittente à devenir habituelle ; c'est-à-dire à se reproduire spontanément après la cessation de l'impulsion primitive. Cette loi de l'habitude trouve son complément naturel dans celle de l'imitation, qui n'en est pas vraiment distincte. Suivant la profonde réflexion de Cabanis, Taptitude à imiter autrui résulte, en effet, de Taptitude à s'imiter soi-même; du moins chez toute espèce douée de sympathie. Enfin, la troisième loi d'animalité, subordonnée à celle de l'habitude, consiste dans le perfectionnement, à la fois statique et dynamique, inhérent à tous les phénomènes de relation. Envers chacun d'eux, l'exercice peut fortifier les fonctions et les organes, que la désuétude prolongée tend toujours à affaiblir. Cette dernière loi, qui repose sur les deux autres sans s'y confondre, résume l'ensemble de la théorie de l'animalité, comme vous Pavez conçu d'abord pour la loi finale de la végétalité.

En combinant ces deux grandes lois, on institue une septième loi vitale, celle de l'hérédité, qui mérite scientifiquement une appréciation distincte, quoiqu'elle ne soit logiquement qu'une conséquence nécessaire des précédentes. Toute fonction ou structure animale étant perfectible à certains degrés, l'aptitude de tout être vivant à reproduhre son semblable pourra dès lors fixer

dans l'espèce les modifications suffisamment profondes survenues chez l'individu. De là résulte le perfectionnement, limité mais continu, surtout dynamique et même statique, de chaque race quelconque, par des régénérations successives. Cette haute faculté, qui résume spontanément le double système des lois biologiques, se développe d'autant plus que l'espèce est plus élevée, et dès lors plus modifiable aussi bien que plus active, d'après sa propre complication.

Quoique les lois générales de la transmission héréditaire soient trop peu connues jusqu'ici, une telle considération indique sa haute efficacité envers l'amélioration directe de notre propre nature, physique, intellectuelle, et surtout morale. Il est incontestable, en effet, que l'hérédité vitale convient autant, et mème^ davantage, à nos plus nobles attributs qu'aux plus grossiers. Car les phénomènes deviennent plus modifiables, et dès lors plus perfectibles, à mesure que leur nature est plus élevée et plus spéciale. Les précieux résultats obtenus envers les principales races domestiques ne doivent donner qu'une faible idée des améliorations réservées à l'espèce la plus éminente, quand elle sera systématiquement dirigée, sous sa propre providence.

La Femme. Cette conclusion générale de l'étude de la vitalité achève, mon père, de m'en faire assez comprendre la portée théorique et pratique. Je me sens ainsi préparée à l'étude directe de l'ordre humain, à laquelle vous réservez notre dernier entretien sur le dogme positif.

Le Prêtre. Vous pouvez, ma fille, utilement résumer.

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