DEUXIÈME PARTIE
des organes intellectuels et moraux s*y trouvent seuls indiqués, sans rien préciser môme sur leur forme ou leur grandeur. Une étude objective, qui n'est pas encore instituée convenablement, peut seule compléter cette théorie subjective du cerveau, en déterminant la constitution propre de chacun d'eux . Mais il ne faut pas attacher trop de prix à ce complément, sans lequel la doctrine cérébrale peut assez accomplir sa principale destination, comme le prouve ce catéchisme.
La position des organes constitue, en effet, la détermination la plus importante aussi bien que la plus difficile. Elle indique aussitôt les influences mutuelles qui, sans aucune entremise nerveuse, tiennent à la simple contiguïté. C'est ainsi qu'on explique aisément les relations, autrement inintelligibles, et pourtant incontestables, entre l'instinct sexuel et Tinslinct destructeur. L'ordre des organes, surtout affectifs, mesure leur énergie respective, d'après la loi que vous voyez inscrite au tableau. Par exemple, entre deux instincts consécutifs, on voit ainsi que le penchant à détruire est naturellement plus fort que le penchant à construire. On n'en peut douter en remarquant la préférence qu'il obtient partout, sans excepter notre espèce, quand l'être croit avoir le libre choix des moyens.
Mais le plus noble usage du tableau cérébral consiste à mieux poser le problème humain, l'ascendant de la sociabilité sur la personnalité, comme vous l'avez déjà tant senti avant cette explication directe. Les trois qualités pratiques sont, en elles-mêmes, indifférentes au bien et au mal : elles n'aspirent directement qu'à l'action. Quant
aux cinq fonctions intellectuelles, leur vraie destination consiste évidemment à servir les trois penchants sociaux plutôt que les sept affections personnelles : c'est le seul moyen pour que leur propre essor devienne vaste et durable. Toutefois, leur faiblesse intrinsèque les empêche souvent de résister à Ténergie naturelle des impulsions égoïstes ; et de là provient la principale difficulté. Si Tesprit ne trahit pas sa sainte mission, la personnalité, d'ailleurs incohérente, se subordonne aisément à une sociabilité qui ne lui refuse jamais les satisfactions convenables. L'harmonie étant ainsi fondée entre le sentiment et Tintelligence, Tactivité suit spontanément une impulsion qui lui fournit un champ inépuisable. Tout dépend donc finalement d'une combinaison profonde entre les deux organes contigus qui président respectivement au principal instinct sympathique et à l'esprit essentiellement synthétique. En représentant chacune des trois régions cérébrales par son organe prépondérant, la formule sacrée du positivisme se trouve naturellement gravée dans un cerveau quelconque, puisqu'elle prescrit l'harmonie habituelle de trois organes adjacents.
La Femme. D'après l'ensemble de cet entretien et du précédent, je reconnais, mon père, que le dogme positif suffît maintenant au gouvernement spirituel de l'Humanité, comme notre entretien fondamental me l'avait déjà fait pressentir. Sa nature profondément relative ne lui permet pas l'immobilité propre au caractère absolu du dogme théologique. Mais cette immuabilité prétendue aboutit réellement à la mort; tandis que les modiiî-