‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 27 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

sommeil, afin de mieux assurer le calme cérébral, quand nous sommes le moins garantis contre les tendances vicieuses. Quoique Theure de la prière moyenne ne puisse pas être autant déterminée, puisqu'elle doit varier suivant les convenances individuelles, il importe que chacun lui procure, à sa manière, une rigoureuse fixité, qui facilitera les dispositions qu'elle exige.

La durée respective de nos trois prières quotidiennes est pareillement indiquée par leur propre destination. Il convient, en général, que celle du matin dure deux fois plus, et celle du milieu deux fois moins, que celle du soir. Quand le culte intime est pleinement développé, la principale prière absorbe spontanément toute la première heure de chaque journée. Cela tient surtout à la décomposition de sa phase initiale en deux parties de même durée que sa phase finale; en faisant précéder la commémoration commune à tous les jours de la semaine par celle qui devient propre à chacun d'eux. De là résulte la division usuelle de la prière du matin en trois temps égaux, où prévalent respectivement, d'abord les images, puis les signes et enfin les sentiments. Les deux autres prières ne comportent point la même proportion entre la commémoration et l'effusion. Tandis que celle-ci dure, en tout, deux fois moins que celle-là ie matin, le rapport devient inverse le soir, et l'égalité distingue le milieu. Vous expliquerez aisément ces diversités secondaires. Mais je vous invite à remarquer que, d'après l'ensemble de ces indications, la durée totale de notre culte quotidien s'élève seulement à deux

heures, même chez ceux qui sont conduits à reproduire

pendant la nuit la prière propre au milieu du jour.

Chaque positiviste consacrera donc à son intime amélioration journalière moins de temps que n'en absorbent maintenant les lectures vicieuses et les diversions inutiles ou funestes. Là seulement s'accomplit l'essor décisif de la vie subjective, d'après notre identification croissante avec Tèlre adoré, dont l'image graduellement épurée devient plus vive et plus nette à chaque nouvelle année du culte. Par ces pratiques secrètes, chacun se prépare à subir dignement l'excitation sympathique qui résultera de la publicité propre à nos autres rites sacrés. Un tel ensemble d'aptitudes morales permettra, j'espère, à nos règles sociolatriques de surmonter, chez l'élite des deux sexes, la présente grossièreté des mœurs occidentales. Les âmes vulgaires et incultes regardent encore comme perdu tout le temps que ne remplit pas le travail matériel. Dans les classes cultivées, on reconnaît déjà la valeur propre à Texercice purement intellectuel. Mais, depuis la fin du moyen âge, l'homme a partout oublié le prix direct et supérieur de la cuHjiire ©orale proprement dite. Il rougirait presque d'y consacrer autant de temps que lui en accordait journellement le grand Alfred, sans altérer aucunement son admirable activité.

Pour compléter cette théorie spéciale des prières quotidiennes, je dois vous y signaler l'inégale participation des ornements, toujours accessoires, empruntés sagement au trésor esthétique de l'Humanité. Ils sont naturellement plus propres à seconder l'effusion que la commémoration. Dès lors, leur assistance convient da-

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