PREMIÈRE PARTIE
morale d'une telle fixité, d'après laquelle chaque jour quelconque de notre année pourrait recevoir, comme le jour final; une désignalion purement sacrée; ce que le catholicisme n'obtint jamais que par exception.
Le Prêtre. Ce préambule étant établi, je puis, ma fille, commencer directement l'indication successive des solennités propres aux septièmes jours de toutes nos semaines. Le tableau sociolatrique vous montre comment chaque célébration mensuelle se décompose en quatre fêtes hebdomadaires. Je n'ai donc plus qu'à motiver et caractériser une telle décomposition par quelques éclaircissements sommaires.
Notre premier mois, consacré à l'Humanité, exige, à cet égard, peu d'explications. Après avoir ouvert l'année positiviste par la plus auguste de toutes nos solennités, celle fête directe du Grand-Étre se trouve complétée dans les quatre célébrations hebdomadaires, où sont respectivement appréciés les divers degrés essentiels du lien social. Ils s'y rangent d'après le décroissement d'extension et l'accroissement d'intimité des relations collectives. La première fête glorifie le lien religieux, seul susceptible d'universalité; la seconde, la liaison due à d'anciens rapports politiques qui, quoique effacés, laissent subsister une suffisante communauté de langue et de poésie. Dans la troisième, on célèbre directement l'action active résultée d'un même gouvernement librement accepté partout. La quatrième honore la moins étendue, mais la plus complète des relations civiques, celle où la cohabitation familière nous rapproche le mieux de l'intimité domestique.
Pour développer le mois du mariage, sa première solennité glorifie Tunion conjugale dans toute sa plénitude, à la fois exclusive et indissoluble, même par la mort. Le sacerdoce y fait profondément sentir, de cœur et d'esprit, le progrès général de cette admirable institution, première base de tout Tordre humain, en caractérisant chacune de ses phases essentielles, depuis la polygamie primitive jusqu'au mariage positiviste.
Dans la fête suivante, on célèbre la chasteté volontaire que de graves motifs moraux ou physiques peuvent éternellement prescrire à de dignes époux. La principale destination du mariage, pour le perfectionnement mutuel des deux sexes, y devient mieux appréciable ; sans que cette union exceptionnelle oblige d'ailleurs à renoncer aux affections d'avenir, toujours possibles d'après une heureuse adoption. On y fera convenablement ressortir sa tendance à régler enfin la procréation humaine, quoique les vices héréditaires ne doivent pas priver des bienfaits du mariage.
La troisième semaine de ce même mois aboutit à la célébration des unions exceptionnelles où une inégalité souvent excusable n'empêche point la principale efficacité, surtout quand les mœurs finales borneront la discordance aux âges. Enfin, la quatrième fête honore l'union posthume qui résultera fréquemment de la constitution normale du mariage humain, dont les plus intimes douceurs sont consolidées et développées par l'épuration et la fixité propres à l'amour subjectif.
Nos trois mois suivants peuvent être expliqués si-