‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 42 sur 136 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

selon que les dieux reslent multiples ou se condensent en un seul. Le théologisme, qui nMnstitue, au fond, qu*une immense transition spontanée du fétichisme au positivisme, émane de Tun dans le polythéisme et conduit à l'autre par le monothéisme. Quand cette succession intellectuelle se trouve complétée par la progression sociale qui lui correspond, l'ensemble de l'initiation humaine est assez caractérisé, comme vous le sentirez bientôt.

Vous pourrez alors apprécier assez l'aptitude de notre seconde série sociolatrique à glorifier dignement toutes les phases essentielles de celte longue préparation, depuis le premier essor des moindres peuplades jusqu'au double développement de la transition moderne. Cette pleine célébration du passé humain en douze fêtes hebdomadaires résulte de la condensation historique que comporte, par sa nature, le culte abstrait.

La Femme. Nous pouvons ainsi, mon père, commencer la dernière série sociolatrique. Le mois consacré à la providence morale ne m'y présente aucun embarras, d'après l'évidente distinction qui sépare les types féminins propres à ses quatre fêtes hebdomadaires. Mais la décomposition du mois sacerdotal m'échappe encore.

Lb Prêtre. Concevez-la, ma fille, d'après les divers modes ou degrés du sacerdoce positif, rangés suivant leur plénitude croissante. Ce grand ministère exige un rare concours des qualités morales, tant actives qu'affectives, avec les talents intellectuels, esthétiques et

seienliflques. Si donc ceux-ci se trouvent seuls saillants, leurs possesseurs, après une culture convenable, doivent rester, toujours peut-être, simples pensionnaires du pouvoir spirituel, sans jamais aspirer à s'y incorporer. Dans ces cas heureusement exceptionnels, le plus beau génie, poétique ou philosophique, ne saurait dispenser de tendresse et d'énergie un fonctionnaire qui doit être habituellement animé d'intimes sympathies et destiné souvent à des luttes difficiles. Ce sacerdoce incomplet permet de cultiver dignement tous les vrais talents sans compromettre aucun service social.

Quant au sacerdoce complet, il exige d*abord un degré préparatoire, que l'aspirant ne dépassera point si, malgré sa vocation proclamée, il ne subit pas avec assez de succès le noviciat convenable. Après cette épreuve décisive, il obtient, à trente-cinq ans, le sacerdoce direct et définitif, mais en Texerçant pendant sept ans au degré secondaire, qui caractérise le vicaire ou suppléant. Quand il a dignement accompli toutes les phases de notre enseignement encyclopédique, et même ébauché les autres fonctions sacerdotales, il s'élève, à quarante -deux ans, au principal grade, en devenant irrévocablement un prêtre proprement dit. Telles sont les quatre classes théoriques que célèbrent respectivement les fêtes hebdomadaires du onzième mois.

La Femme. Le suivant, mon père, n'exige aucune explication spéciale. Quoique lexistence pratique me soit peu familière, son caractère nettement tranché me

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