‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 52 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. iH · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. iH

lions. Pourtant, notre intelligence a partout besoin de trouver enfin des régies qui ne soient jamais en défaut, afin d'éviter une fluctuation indéfinie.

^ On ne peut y parvenir qu'en décomposant, autant que possible, Tétude des êtres, seule directe ordinairement, dans celle des divers événements généraux qui composent Texistence de chacun d'eux. Nous obtenons ainsi des lois abstraites dont les diiîérentes combinaisons expliquent ensuite chaque économie concrète. Quoique très multipliées en elles-mêmes, ces lois irréductibles, sur lesquelles repose toute notre sagesse théoriques, sont beaucoup moins nombreuses que les règles particulières qu'elles dominent. Ces dernières, outre leur nombre, résisteront toujours, en vertu de leur complication naturelle, à nos meilleurs efforts, tant inductifs que déductifs. Mais aussi leur connaissance nous serait essentiellement inutile, sauf les rares influences qui réellement affectent nos destinées. Pour ces cas exceptionnels, le génie pratique, devenu seul compétent, peut toujours trouver des règles empiriques qui suffisent à notre conduite, en s'aidant avec sagesse des indications générales émanées du génie théorique. Car la régularité des événements composés, quoique moins appréciable que celle de leurs éléments généraux, en résulte nécessairement, de manière à pouvoir se manifester d'après une observation spéciale assez prolongée. Nous ne connaîtrons jamais, par exemple, les lois générales des variations propres à la constitution normale de l'atmosphère terrestre. Toutefois les navigateurs et les agriculteurs savent tirer, de leurs observa-

lions locales ou temporaires, ibs règles particulières qui, quoique empiriques, nous dispensent essentiellement de la prétendue météorologie. Il en est ainsi pour toutes les autres études concrèles, géologiques, zoologiques, et même sociologiques. Tout ce que le génie pratique n*y peut réellement aborder demeurera toujours oiseux. La véritable science reste donc nécessairement abstraite. Ses lois générales envers les catégories peu nombreuses qui comprennent tous les phénomènes observables suffisent pour démontrer toujours Texistence des lois concrètes, quoique (a plupart de celles-ci ne puissent ni ne doivent être jamais conn nues, sauf les c^s pratiques.

IjA Femme. J'entrevois, mon pèrç,la profonde simpli-^ flcation que doit éprouver votre construction philosophique d*après cette analyse fondamentale qui ramène rélude des êtres à celle des événements* Um je suis effrayée de Tabstraction habituelle qu'exige un tel régime scientifique, quoique je sois heureusement dispensée d*y participer. Son institution me parait même au-dessus de nos forces intellectuelles, si tous les ordres de phénomènes doivent être directement étudiés chez le Grand-Etre qui seul nous en offre Tensemble.

Le Prêtre. Pour vous rassurer, ma fille, il suffit de considérer sous un nouvel aspect le principe général de la hiérarchie abstraite. Quoiqu'il n'institue directement que la subordination des événements, il doit aussi conduire indirectement à celle des êtres. Car les phénomènes ne sont plus généraux qu'autant qu'ils appar^ tiennent à de plus nombreuses existences. Les plus

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