‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 54 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

près la tutelle hétérogène qu*exerçait encore Tesprit théologico- métaphysique. Mais» aujourd'hui que le principe universel de la synthèse définitive se trouve irrévocablement posé d'après cette immense préparation, la méthode subjective, devenue enfin aussi positive que la méthode objective, doit prendre directement rinitiative encyclopédique. Elle seule peut instituer convenablement la construction que Tautre pourra dès lors élaborer dignement. Cette règle convient autant à chaque grande recherche scientifique qu'à l'ensemble du système théorique.

La Femme. Me voilà donc prête, mon père, à bien suivre la consécration religieuse que le dogme de l'Humanité procure successivement à toutes les parties essentielles de la science abstraite en consolidant les plus cminentes et ennoblissant les plus inférieures par celte universelle connexité.

Le Prêtre. Pour mieux caractériser une telle synthèse, vous devez, ma fille, rappeler d'abord le but continu de la vie humaine, la conservation et le perfectionnement du Grand-Étre, qu'il faut à la fois connaître, aimer, et servir. Chacun accomplit spontanément ce triple office, que la religion systématise par le culte, le dogme, et le régime. Quoique la construction philosophique doive alors précéder les deux autres, elle n'est, au fond, destinée qu'à les consolider et les développer. En elle-même, l'étude directe de l'Humanité peut autant dégénérer que les sciences inférieures, si Ton oublie qu'il ne faut connaître le Grand-Étre que pour Taimer davantage et le mieux servir. Quand la

166 GATÉCEIISME POSITIVISTE.

préoccupation du moyen fait méconnaître ou négliger le but, l'essor systématique devient» au fond, moins recommandable que la spontanéité vulgaire.

Vous concevez ainsi pourquoi je place au sommet de réchelle encyclopédique la Morale, ou la science de rhomme individuel. Puisque le Grand-Être ne fonctionne jamais que par des organes finalement personnels, il faut d'abord étudier surtout ceux-ci, pour qu'il en soit convenablement servi pendant leur existence objective, d'où dépendra leur influence subjective. C'est ainsi que le positivisme consolide irrévocablement le précepte fondamental de la théocratie initiale : Connaistoit pour t' améliorer. Le principeintellectuel y concourt avec le motif social. En effet, la plus utile de toutes les sciences en est aussi la plus complète, ou plutôt la seule complète; puisque ses phénomènes comprennent subjectivement tous les aulreSi quoiqu'ils leur soient, par cela même, objectivement subordonnés. Le principe fondamental de la hiérarchie théorique fait donc prévaloir directement le point de vue moral comme le plus compliqué et le plus spécial.

Mais là cesse nécessairement la conformité philosophique entre le positivisme et le théologisme. Celui-ci, toujours préoccupé des causes, livrait immédiatement les études morales aux principes surnaturels d'après lesquels il expliquait tout. Suscitant ainsi des observations purement intérieures, il consacrait la personnalité d'une existence qui, liant directement chacun à une puissance infinie^ Tisolait profondément de l'Humanité. Au contraire, le positivisme, ne cherchant jamais qua

Page 1