ORDRE EXTERIEUR, D ABORD MATERIEL, PUIS VITAL
La Femme. Ea oludiaat le tableau qui résume notre enlrelien fondamental, je comprends, mon père, la nécessité des deux autres conférences que vous m*avez tinalement promises sur le dogme poKsitif. Mon cœur devait d'abord me pousser à sentir le besoin de chaque phase encyclopédique pour la systématisation morale à laquelle est surtout destinée cette immense construction théorique. Il faut maintenant que mon esprit reconnaisse comment se succèdent les divers étages de cet édifice abstrait, depuis la base jusqu'au sommet, sans toutefois pénétrer dans leur intérieur. Celte ascension systématique devient le complément indispensable de la descente fondamentale que vous m'avez fait accomplir. Si l'esprit humain peut, en effet, monter, suivant une progression presque insensible, des moindres notions mathématiques jusqu'aux plus sublimes conceptions morales, ce sera pour moi le plus admirable de tous les spectacles. Quoique mon sexe ne puisse jamais sui-
vrc les détails d'une telle filiation, il en doit comprendre aujourd'hui la possibilité générale, afin de s'assurer que la morale systématique comporte ainsi des fondements vraiment inébranlables. Alors Topinion féminine flétrira, comme vous le désirez, les sophistes anarchique s qui, après Firrévocable décadence de la foi théologique, s'opposent à Tavènement de la foi positive, pour prolonger indéfiniment un interrègne religieux qui favorise leur indignité et leur incapacité. Ne craignez donc pas d'arrêter d'abord moiî attention sur le degré mathématique, où réside, selon vous, la seule base solide de l'ensemble des théories réelles. L'aversion prononcée que cette étude inspire à tous nos brouillons métaphysiques me dispose à pressentir l'efficacité organique que vous lui attribuez.
Le Prêtre. Pour concevoir nettement cette base logi* que et scientifique de tout l'édifice abstrait, il vous suffit, ma fille, de bien apprécier le domaine général que lui assigne notre tableau encyclopédique. La mathématique étudie directement l'existence universelle, réduite a ses phénomènes les plus simples, et par conséquent les plus grossiers, sur lesquels reposent nécessairement tous les autres attributs réels. Ces propriétés fondamentales d'un être quelconque sont le nombre, l'étendue, et le mouvement. Tout ce qui ne comporte pas cette triple appréciation ne peut exister que dans notre entendement. Mais la nature nous montre beaucoup d'êtres chez lesquels nous ne pouvons connaître que ces attributs élémentaires. Tels sont surtout les astres, qui, ne nous étant accessibles que par une lointaine explo-