‹ Catéchisme positiviste: ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 65 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

tement la Ihéorie de l'existence universelle, d'abord passive, puis active.

La mécanique prend ainsi beaucoup d'importance encyclopédique, comme tranBitîoa nécessaire entre la mathématique et la physique, dont les caractères respectifs s'y combinent profondément. Ici, toute Tinsti^ tution logique ne semble pas purement déduclive, comme le fait supposer, en géométrie, l'extrême facilité des inductions indispensables. On commence alors à sentir distinctement le besoin d'une base induclive, déjà difficile à saisir parmi nos observations concrètes, pour permettre l'essor des conceptions abstraites qui doivent y rattacher le problème général de la composition et de la communication des mouvements. C'est surtout faute d'un tel fondement extérieur que la mécanique rationnelle ne put se développer qu'au XVII® siècle.

Jusqu'alors l'esprit mathématique n'avait fait ressortir que des lois subjectives, seules sensibles en géométrie et en calcul, chez des penseurs qui ne comprenaient pas encore leur connexilé nécessaire avec les lois objectives. Mais celles-ci devinrent distinctement appréciables d'après la grande difflculté qu'elles offrirent aux fondateurs de la mécanique. L'importance et l'universalité de ces trois lois fondamentales du mouvement m'obligent à vous les indiquer ici, comme les meilleurs types des véritables lois naturelles, simples faits généraux qui ne comportent aucune explication, et qui servent, au contraire, de base à toute explication raisonnable. Quoique le régime métaphysique ait beaucoup entravé leur découverte, elle fut surtout retardée

par sa propre difficulté. Car, elle constitua le premier effort capital du génie inductif, démêlant enfin, au milieu des plus vulgaires événements, des relations générales jusqu'alors échappées à toutes les méditations humaines.

La première loi, découverte par Kepler, consiste en ce que tout mouvement est naturellement rectiligne et uniforme. Ainsi, le mouvement curviligne ou varié ne peut jamais résulter que d'une composition continue d'impulsions successives, d'ailleurs actives ou passives. La seconde loi, due à Galilée, proclame l'indépendance des mouvements relatifsde plusieurs corps quelconques envers tout mouvement commun de leur ensemBle. Mais il faut que cette communauté soit complète, tant en vitesse qu'en direction. C'est seulement à cette condition que les corps particuliers restent dans le même état relatif de repos ou de mouvement que si leur ensemble était immobile. Aussi cette seconde loi ne convient-elle point aux mouvements de rotation, d'où surgirent, en effet, les Mcieuses objections qu'éprouva sa découverte. Enfin, la troisième loi du mouvement, celle de Newton, consiste dans l'égalité constante entre la réaction et l'action, pour toute collision mécanique; pourvu qu'en mesurant chaque altération, on ait convenablement égard à la masse autant qu'à la vitesse. C'est la base propre de toutes les notions relatives à la communication des mouvements, comme la loi de Galilée règle tout ce qui concerne leur composition, celle tle Kepler ayant partout déterminé d'abord la nature de chacun d'eux. L'ensemble de ces trois lois suffit donc

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