TROISIÈME PARTIE
(Je l'égoïsme des riches, même quand ils auront obtenu partout la juste autorisation de se coaliser h leur gré sans aucune violence. Car, quelque puissance civique que les plébéiens puissent tirer de leurs dignes refus collectifs de coopération induslrielle. les immenses capitaux de nos patriciens permettront peut-être à ceux-ci de surmonter finalement les plus justes résistances. Quoique le sacerdoce doive procurer beaucoup de force aux coalitions ouvrières quand il les aura sanctionnées , je redoute encore l'abusive prépondérance de la richesse.
Le Prêtre. Afin de vous rassurer, ma fille, considérez d'abord l'influence habituelle du sacerdoce sur le patriciat d'après d'intimes relations personnelles, Suivant notre aperçu statistique , le nombre normal des banquiers est égal, en Occident . à celui des temples positivistes , dont chacun se trouvera naturellement placé sous le protectorat temporel du banquier adjacent , chargé , par le triumvirat national, de transmettre tous les payements sacerdotaux. Tl s'en suivra de fréquents rapports entre les prêtres et les principaux chefs industriels; de manière à ranimer spécialement chez ceux-ci la vénération résultée de leur propre éducation et prolongée par celle de leurs enfants.
La Femme. Permettez, mon père, que je vous interrompe un moment , quant à cette dernière in-
ol2 CATÉCHISME POSITIVISTE.
lluence. Notre instruction encyclopédique ne devant janiais devenir obligatoire, les riches seront peut-être détournés, par un sot orgueil , d'y laisser participer leurs fils, et surtout leurs filles, sauf à renoncer aux sacrements qui la suivront, et même aux recommandations sociales qu'elle procurera. Dès lors, l'influeiice personnelle que vous signalez se trouverait essentiellement réduite à la déférence involontaire qu'obtiennent partout le talent et la vertu.
Le Prêtre. Cette objection incidente est plus forte, ma fille , que vous ne le croyez ; et néanmoins je i'écarterai sans peine. En effet, il ne faudra point avoir suivi nos écoles positivistes pour être admis à recevoir nos sacrements sociaux , et même à subir nos examens publics, où l'on ne s'informera jamais de qui provient l'instruction, pourvu qu'elle soit réelle et suffisante. Seulement , quand' elle n'émanera pas du sacerdoce, nos prêtres auront besoin de plus d'efforts afin de recueillir les informations morales qui seront toujours autant indispensables que les jugements intellectuels.
Malgré cette pleine liberté d'enseignement, qui d'ailleurs augmentera le zèle de nos professeurs, les écoles officielles ne seront jamais désertées par les riches , à moins que le sacerdoce ne dégénère. Car, ils ne voudront pas que leurs enfants restent au-dessous de l'instruction populaire, dont ils ne