‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 11 sur 115 · PRÉFACE. XXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXIX

Appréciée sous un aspect plus général, cette institution didactique tend directement à caractériser profondément la religion correspondante. Car elle fait spontanément ressortir la nature fondamentale du régime positif, qui , destiné surtout à discipliner systématiquement toutes les forces humaines , repose principalement sur le concours continu du sentiment avec la raison pour régler l'activité. Or cette suite d'entretiens représente toujours le cœur et l'esprit se concertant religieusement afin de moraliser la puissance matérielle à laquelle le monde réel est nécessairement soumis. La femme et le prêtre y constituent, en effet, les deux éléments essentiels du véritable pouvoir modérateur, à la fois domestique et civique. En organisant cette sainte coalition sociale, chaque élément procède ici selon sa vraie nature : le cœur y pose les questions que résout l'esprit, Ainsi la composition même de ce catéchisme indique aussitôt la principale conception du positivisme : Ihomme pensant sous l'inspiration de la femme, pour faire toujours concourir la synthèse et la sympathie, afin de régulariser la synergie.

D'après une telle institution du nouvel enseignement religieux, il s'adresse de préférence au sexe affectif. Cette prédilection , déjà conforme au véritable esprit du régime final , convient surtout à la transition extrême, où toutes les influences propres

XXX CATÉCHISME POSITIMSil:;.

à l'élat normal doivent toujours fonctionner plus lortemeut, mais moins réguliôrcment. Quoique les dignes prolétaires me semblent devoir bientôt accueillir beaucoup cet opuscule décisif, il convient davantage aux femmes, surtout illettrées. Elles seules peuvent assez comprendre la prépondérance que mérite la culture habituelle du cœur, tant comprimée par la grossière activité, théorique et pratique, qui domine l'Occident moderne. C'est uniquement dans ce sanctuaire qu'on peut aujourd'hui trouver la digne soumission d'esprit qu'exige une régénération systématique. Pendant les quatre dernières années, un déplorable exercice du suffrage universel a profondément vicié la raison populaire, jusqu'alors préservée des sophismes constitutionnels et des complots parlementaires, concentrés chez les riches et les lettrés. Développant un aveugle orgueil , nos prolétaires se sont crus ainsi dispensés de toute étude sérieuse pour décider les plus hautes questions sociales. Quoique cette dégénération soit beaucoup moindre chez les occidentaux du Midi , que la résistance catholique abrita contre la métaphysique protestante ou déiste , des lectures négatives commencent à l'y trop propager. Je ne vois partout que les femmes, qui, d'après leur salutaire exclusion poUtique, puissent m'offrir un point d'appui suffisant pour faire librement prévaloir les principes d'après

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