‹ Catéchisme positiviste, ou, Sommaire exposition de la religion universelleChapitre 4 sur 115 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

sa réalité caractéristique, s'est convenablemeat étendue jusqu'au sentiment^ qui désormais forme son principal domaine et devient la base de son unité. Nous ne craignons donc pas que les vrais penseurs , théoriques ou pratiques, puissent aujourd'hui, comme au début du catholicisme, méconnaître la supériorité; d'une foi réelle et complète, qui, loin d'être fortui-' tement sociale, se monti'e telle par sa propre nature. C'est d'ailleurs à la conduite morale et politique de son sacerdoce naissant et do tous ses vrais adeptes qu'il appartient de faire empiriquement apprécier son excellence, chez ceux-là même qui ne pourraient pas juger directement ses principes. Une doctrine qui développera toujours toutes les vertus humaines, personnelles, domestiques, et civiques, sera bientôt respectée de tous ses adversaires honnêtes, quelle que soit leur vaine prédilection envers une synthèse abso-| lue et égoïste opposée à la synthèse relative et al-l truiste.

Mais, afin d'instituer cette concurrence décisive,, il fallait d'abord condenser assez le positivisme pour qu'il pût devenir vraiment populaire. Telle est la destination spéciale de cet opuscule exceptionnel, envers lequel j'interromps, pendant quelques semaines , ma grande construction religieuse, dont la première moitié reste seule accomplie jusqu'ici. Ce précieux épisode m'avait d'abord semblé devoir être

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ajourné jusqu'à rentière terminaison de cet immense travail. Mais, après avoir écrit, en janvier 1851, la tliéorie positive de l'unité humaine, je me sentis assez avancé pour faire succéder un tel intermède au volume dont celte théorie forme le premier et principal chapitre. Développé de plus en plus à mesure que j'élaborais ce tome décisif, un tel espoir devint complet quand j'écrivis sa préface finale. Je le réalise aujourd'hui, avant de commencer la construction de la sociologie dynamique , qui caractérisera, l'an prochain, le troisième volume de mon Système de politique positive.

Due à la maturité inattendue de mes principales conceptions , cette résolution se trouva beaucoup fortifiée par l'heureuse crise qui vient d'abolir le régime parlementaire et d'instituer la république die- ' tatoriale, double préambule de toute vraie régénération. Sans doute, cette dictature n'offre point en-' core le caractère essentiel expliqué dans mon cours positiviste de 1847. Il lui manque surtout de se concilier assez avec une pleine liberté d'exposition , et même de discussion , directement indispensable à la réorganisation spirituelle , et qui d'ailleurs peut seule rassurer contre toute tyrannie rétrograde. Mais ce complément nécessaire ne tardera point à s'y réaliser sous un mode quelconque , qui me semble malheureusement supposer, comme les phases précé-

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(lentes, une dernière crise violente. Une fois obtenu, son avènement empirique doit déterminer bientôt la paisible évolution du triumvirat systématique qui caractérise la dictature temporelle représentée, dans le cours ci-dessus indiqué , comme propre à la transi tion organique. Mais, sans attendre ces deux nouvelles phases de l'empirisme révolutionnaire, la situation dictatoriale permet déjà la propagation directe des méditations régénératrices. La liberté d'exposition qu'elle procure spontanément à tous les vrais constructeurs, en brisant eufm la vaine domination des parleurs, devait spécialement m'invitera diriger immédiatement les pensées féminines et prolétaires vers la rénovation fondamentale.

Ce travail épisodique, en fournissant dignement une base systématique à l'active propagation du positivisme, seconde nécessairement ma construction principale , en amenant la religion nouvelle vers son vrai milieu social. Quelque solides que soient les fondements logiques et scientifiques de la discipline intellectuelle qu'institue la philosophie positive , ce régime sévère est trop antipathique aux esprits actuels pour prévaloir jamais sans l'irrésistible appui des femmes et des prolétaires. Sa nécessité ne peut être sainement appréciée que dans celte double masse sociale, qui, étrangère h toute prétention doctorale, peut seule imposer à ses chefs systématiques les con-

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ditions encyclopédiques qu'exige leur office social, ("est pouniuoi je n'ai pas dû craindre de populariser ici des termes philosopliiqucs vraiment indispensables, que le positivisme n'a point introduits, mais dont il a systématisé la conception et développé l'usage. Tels sont surtout deux couples essentiels de formules caractéristiques, d'abord statique et dynamique, ensuite objectif et subjectif, sans lesquelles mon exposition ne pouvait devenir suffisante. Quand ces termes sont une fois définis convenablement, surtout d'après une acception invariable, leur judicieux emploi facilite beaucoup les explications philosophiques, au lieu de les rendre moins intelligibles. Je n'hésite point à consacrer ici des expressions que la religion positive doit faire déjà passer dans la circulation universelle, vu la haute importance de leur usage intellectuel , et même moral.

Ainsi conduit à composer un véritable catéchisme pour la Religion de l'Humanité, je dus d'abord examiner systématiquement la forme dialogique toujours adoptée envers de telles expositions. Je ne tardai point à y rencontrer un nouvel exemple de cet heureux instinct d'après lequel la sagesse pratique devance souvent les saines indications théoriques. Venant de construire spécialement la théorie positive du langage humain, je sentis aussitôt que, puisque l'expression doit constamment aboutir à la communication, sa

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