TROISIÈME PARTIE
vers les pères, sinon aussi tendre, du moins aussi noble que celle des femmes pour les maris. L'amitié fraternelle sera mieux garantie ainsi que d'après l'égalité révolutionnaire des partages , ou même suivant la subordination féodale à l'égard des aînés. Parmi les riches, chacun n'attendra des siens que les secours matériels nécessaires à son éducation et à son installation sociale. Alors tous se livreront sans trouble au plein développement des meilleures affections. Si les pères n'obtiennent pas de dignes fils, ils y suppléeront par de sages adoptions.
Telles sont les familles au sein desquelles un sacerdoce librement vénéré de tous leurs membres s'efforcera sans cesse de prévenir ou de réparer les conlUts mutuels résultés des mauvaises passions. Il y fera sentir aux femmes le mérite de la soumission, en développant cette admirable maxime d'Aristote : « La >■ principale force de la femme consiste à surmonter la » difficulté d'obéir. » Leur éducation les aura préparées à comprendre que toute domination, loin de les élever réellement , les dégrade nécessairement^ en altérant leur principale valeur, pour attendre de la force l'ascendant qui n'est dû qu'à l'amour. En même temps, le sacerdoce les protégera contre la tyrannie des époux et l'ingratitude des fils, en rappelant avec sagesse aux uns et aux autres les préceptes de la religion positive sur la supériorité morale et l'office
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social du sexe affectif. C'est surtout par la réaction prépondérante de la vie publique que la vie privée fut i.'raduellcment améliorée jusqu'ici. Le régime final confie le développement de cette inllueiice au sacerdoce de rilumanité, qui peut seul pénétrer dignement au sein des familles, pour ennoblir et consolider toutes les affections domestiques en les rattachant toujours à leur destination sociale.
DIXIEUE
ENTr»ETIE\'.
La Femme. En abordant la partie supérieure de la morale positive , je dois, mon père, vous demander nfgiiut piihiic. ^^^^^ éclaircissements préliminaires.
Le premier concerne le reproche métaphysique adressé souvent au positi\israe de n'admettre aucune sorte de droits. S'il en est ainsi, je suis plus disposée à vous en féliciter qu'à m'en plaindre. Car l'intervention du droit m'a presque toujours paru destinée à dispenser de raison ou d'affection. Elle est heureusement interdite aux femmes, qui n'en valent que mieux. Vous connaissez ma maxime favorite : // faut, à notre espèce plus qu'aux autres, des devoirs pour faire des sentiments.
Le Prêtre. Il est vrai, ma fille, que le positivisine ne reconnaît à personne d'autre droit que celui de toujours faire son devoir. En termes plus corrects, noire religion impose à tous l'obligation d'aider chacun h remplir sa propre (onction. La notion de droit
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(ioii disparaître du domaine politique , comme la notion de cavae du domaine philosophique. Car toutes deux se rapportent à des volontés indiscutables. Ainsi . les droits quelconques supposent nécessairement une source surnaturelle, qui peut seule les soustraire à la discussion humaine. Quand ils furent concentrés chez les chefs, ils comportèrent une véritable efficacité sociale, comme garanties normales d'une indispensable obéissance, tant que dura le régime préliminaire , fondé sur le théologisme et la guerre. Mais depuis que la décadence du monothéisme les dispersa pirmi les gouvernés, au nom, plus ou moins distinct, du même principe divin, ils sont devenus autant anarchiques d'un côté que rétrogrades de l'autre. Dès lors, ils n'aboutissent, des deux parts, qu'à prolonger la confusion révolutionnaire; en sorte qu'ils doivent entièrement disparaître, du commun accord des hommes honnêtes et sensés d'un parti quelconque
Le positivisme n'admet jamais que des devoirs, chez tous envers tous. Car son point de vue toujours social ne peut comporter aucune notion de droit , constamment fondée sur l'individualité. Nous naissons chargés d'obligations de toute espèce, envers nos prédécesseurs, nos successeurs, et nos contemporains. Elles ne font ensuite que se développer ou s'accumuler avant que nous puissions rendre aucun
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service Sur quel fondement huniaio puurrail doDc s'asseoir l'idée de droit, qui supposerait raisonnablement une eflicacité préalable ? Quels que puissent être nos efforts, la plus longue vie bien employée ne nous permettra jamais de rendre qu'une portion imperceptible de ce que nous avons reçu. Ce ne serait pourtant qu'après une restitution complète que nous serions dignement autorisés à réclamer la réciprocité des nouveaux services. Tout droit bumain est donc absurde autant qu'immoral. Puisqu'il n'existe plus de droits divins, cette notion doit s'effacer complètement, comme purement relative au régime préliminaire, et directement incompatible avec l'clal final, qui n'admet que des devoirs, d'après des fonctions.
La Femme. Maintenant, mon père, je voudrais savoir si , outre la relation générale entre le régime pubiic elle régime privé, celui-ci ne suscite pas des, dispositions qui puissent nous préparer personr.ellenient à l'autre.
Le Prêtre. Celles qui résultent de l'existence individuelle consistent surtout, ma fdle, dans le culte intime qui lui correspond. Il n'est pas seulement propre à consolider et développer toutes les vertus privées. Sa principale application concerne la vie publique, où notre triple ange-gardien doit à la fois Dous détourner du mal et nous pousser au bien, d'après de courtes invocations spéciales envers les