TROISIÈME PARTIE
leur propre élévation tient plus à la situation qu'au mérite, quoique la vie subjective puisse seule faire vraiment prévaloir le classement personnel sans susciter aucune tendance suljversive, cette opposition religieuse rendra mieux appréciable le classement officiel, tout en lui conservant un juste respect.
Mais, en même temps, le sacerdoce fera profondément sentir aux prolétaires les vrais avantages de leur condition sociale. A des âmes préparées par une sage éducation, et constamment pénétrées d'afiéclions domestiques, il uaura pas de peine à démontrer linliine réalité de cette admirable maxime du grand Corneille :
On va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire.
Le bonheur résulté d'une digne soumission et d une juste irresponsabilité s'y trouvera sans cesse apprécié, quand la vie de famille aura convenablement surgi dans le milieu le plus propre à la bien goûter. Alors le prolétariat sentira que le principal office du patriciat consiste à procurer à tous le paisible essor de ces satisfactions domestiques, où réside surtout notre vraie félicité. Leur moindre développement chez les chefs spirituels ou temporels, toujours préoccupés dune immense responsabilité, fera généralement regarder comme plus digne de pitié que d'envie une élévation qui n'a d'autre compensation
;<«6 CAIÉC.HISME POSITIVISTE.
solide qu'une meilleure participation au bien public Mais cette noble récompense n'est assez goûtée que (les âmes d'élite, toujours très-rares dans lepatriciat, et même au sein du sacerdoce. Il faut donc laisser un juste cours aux satisfactions vulgaires de l'orgueil ou de la vanité, seules capables ordinairement d'exciter assez le zèle qu'exigent le commandement et le conseil.
La Femme. Je voudrais, mon père, connaître avec plus de précision cette attribution fondamentale des libres administrateurs du capital humain pour assurer aux prolétaires un digne essor de l'existence domestique , première garantie normale de l'ordre civil.
Le Prêtre. Bornez-vous , ma fille , à concevoir chacun d'abord comme propriétaire, puis comme salarié. Un prolétaire quelconque doit posséder tous les matériaux d'un usage exclusif et continu , soit à lui-même , soit à sa famille. Cette règle , évidemment réalisable , peut seule assurer l'ordre pratique. Mais nous sommes loin de son digne accomplissement. Beaucoup d'hommes estimables sont encore dépourvus de la propriété de leurs meubles les plus usuels ; et quelques-uns n'ont pas seulement celle de leurs vêtements. Quant au domicile , vous savez que la plupart des prolétaires restent plutôt campés que casés dans nos cités anarchiques. li