PREMIÈRE PARTIE
cheresse et à l'orgueil. Maintenant que je puis toujours apercevoir et rappeler le but moral de toute l'élaboration scientifique, et les conditions propres à chacune de ses phases essentielles, je n'aurai pas moins de satisfaction à monter qu'à descendre votre échelle encyclopédique.
Le Prêtre. Cette alternance vous deviendra plus facile, ma fille, si vous remarquez que, dans les deux sens, la course théorique pourra suivre le même principe, en procédant sans cesse d'après le décroissèment de généralité. Il suffit, pour cela, de rapporter la série fondamentale tantôt aux phénomènes euxmêmes, tantôt à nos propres conceptions, suivant que son usage doit être objectif ou subjectif. En effet, les notions morales comprennent nécessairement toutes les autres , que nous en tirons par des abstractions successives. C'est surtout en cela que consiste leur complicalion supérieure. La science correspondante offre donc plus de généralité subjective que toutes les études inférieures. Au contraire , les phénomènes mathématiques ne sont les plus généraux que comme étant les plus simples. Leur élude préseute donc plus de généralité objective, mais moins de généralité subjective qu'aucune autre. Seule applicable à toutes les existences appréciables, c'est aussi celle qui fait le moins connaître les êtres correspondants, dont elle ne peut dévoiler que les lois les plus grossières. Tous
08 CAÏÉCHMMK POSITIVISTE.
les cas intermédiaires cfffrent, à de moindres degrés, ce double contraste «fltre la mathématique et la moraie.
Mais, soit qu'on monte ou qu'on descende, la course encyclopédique représente toujours la morale comme la science par excellence, puisqu'elle est à la fois la plus utile et la plus complète. C'est là que 1 esprit théorique , ayant perdu graduellement son abstraction initiale , vient s'unir systématiquement à Pesprit pratique , après avoir achevé toutes ses préparations indispensables. Aussi la sagesse publique, régularisée par le positivisme, fera-t-elie respecter toujours l'admirable équivoque , tant déplorée chez nos pédants, qui, là seulement, confond l'art et la science sons une même dénomination.
Cette confusion apparente procure à la science morale un heureux équivalent de la discipline qui . partout ailleurs, prévient ou corrige les divagations théoriques propres à la culture ascendante. En effet, la règle générale consiste à restreindre chaque phase encyclopédique au dévelop|>ement nécessaire pour préparer le degré suivant ; en réservant d'ailleurs au gérie pratique les études plus détaillées qu'il jugerait spécialement convenables. Malgré les déclamations académiques, on sait maintenant qu'une teHe dlsctpline consacre toutes les théories vrMmwit Intéressantés, en n'excluant que les puériHtés scientifiques ,