RUE DE LA MONTAGNE
PROPRIKÏÉ.
Préface de FAuteui*
« La plupart des hommes , dit saint Grégoire le Grand, sont attirés au désir des choses célestes plutôt par des exemples que par des raisonnements. » Et qui n'en saisit tout d'abord les motifs? Au moyen des raisonnements, nous connaissons la vérité, mais seulement en abstraction, tandis que, au moyen des faits, nous la voyons pour ainsi dire dans sa réalité; les raisonnements prouvent bien que la vertu doit être pratiquée, mais ce sont les exemples qui montrent comment on la pratique. De là vient aussi que les faits empruntés à l'histoire civile et ecclésiastique, les exemples puisés à l'Ecriture sainte rendent l'enseignement des vérités exposées dans la doctrine chrétienne, beaucoup plus agréable et plus efficace; les comparaisons, les paraboles coopèrent au même effet. On n'a qu'à se demander quel intérêt offrirait l'instruction religieuse, surtout aux enfants, si l'on se bornait à exposer la vérité uniment et sèchement, comme le botaniste qui, dans son herbier, vous montre des plantes desséchées, pleines de vertu et de beauté, si l'on veut, mais ne pouvant plaire qu'aux vrais connaisseurs. Au contraire, ne doiton pas espérer de produire beaucoup plus d'effet sur l'âme des enfants et même des personnes plus âgées, quand on leur offre des plantes ornées de feuilles à la
il PREFACE DE \. AUTEUR.
fraîche verdure et de fleurs aux doux parfums, c'est-àdire quand on donne aux préceptes de la vie, de l'éclat au moyen d'images et de comparaisons? Aussi le plus grand des catéchistes et des prédicateurs, notre maître à tous, Jésus-Christ, quand il parcourait la Judée pour évangéliser les pauvres, ne cessait de parler en images et en paraboles.
Convaincu de cette vérité par une longue expérience, je publiai, il y a quelque temps, un vaste recueil d'exemples historiques et bibliques, de comparaisons et de textes des SS. Pères, recueil qui fut accueilli avec le plus grand empressement et qui reçut la haute approbation de plusieurs prélats distingués.
Cependant cette première publication étant d'une trop grande étendue et d'un prix trop élevé pour être acquise par le grand nombre, j'ai essayé de la réduire, et c'est l'ouvrage que j'offre aujourd'hui aux instituteurs de la jeunesse comme à ceux qui sont chargés d'exposer aux peuples les vérités de notre sainte religion. Quant aux explications dogmatiques et morales, j'ai adopté le texte du catéchisme publié par le R. P. J. Deharbe, actuellement répandu dans presque toute l'Allemagne catholique, et qui se distingue par un ordre, un enchaînement. une exactitude et une clarté admirables. J'ai suivi simplement l'ordre des questions, m'y bornant aux paroles du texte et autant que possible aux explications du \\ Deharbe lui-même. Sous ce rapport, j'ai cru ne pas devoir entrer dans de plus amples développements, puisque le savant religieux a lui-même entrepris de le faire dans son traité populaire delà religion où la doctrine chrétienne, d'après le spécimen que nous avons sous les yeux, est exposé d'une manière aussi solide que complète, «t qui laissera loin derrière lui tout autre traité de c< genre. Ce que j'avais plutôt et principale-