‹ Catéchisme socialChapitre 41 sur 100 · L'histoire justijîe-t-elle ces théories · texte numérisé non relu

L'histoire justijîe-t-elle ces théories

— Absolument. Le grand historien Janssen, dans son ouvrage sur l'Allemagne à la fin du moyeu âge, rend ce témoignage aux corporations : « C'étaient des fraternités, embrassant tous les besoins, tous les rapports sociaux... L'union de la vie laborieuse avec la religion donnait aux corps de métier un lien d'honneur et au travail une sorte de consécration... Les corporations devenaient le soutien naturel des associés. Elles se préoccupaient de mettre en relief le principe de la fraternité et de l'égalité. Elles favorisaient les consommateurs en assurant le bon marché et la qualité des produits. Toute corporation formait une société judiciaire, qui maintenait ellc-iTième sa propre sécurité et assurait à tous ses membres les bénéfices de la paix et de la justice... Ces sociétés, qui se

rattachaienl les unes aux autres par le compagnonnage, formaient un grand ensemble, un corps hiérarchique organisé, régi par ses propres règlements et par ses constitutions. L'ouvrier se regardait comme membre actif d'un petit monde qu'il aimait, et dont l'honneur et le bon renom ne lui tenaient pas moins au cœur que la gloire et la prospérité de la cité n'étaient chères au cœur du bourgeois... Le travail organisé et la propriété inaliénable protégeaient l'indépendance des classes laborieuses et leur assuraient le bien-être et l'aisance. Le système corporatif empêchait l'individu de s'élever trop au-dessus des autres. La liberté absolue crée incontestablement des fortunes colossales, mais elle conduit trop souvent à l'exploitation des forces du travail, et par conséquent à l'oppression de centaines et de milliers d'hommes. > (Janssen, t. I, passim, pages 310-341 ; cité par le P. de Pascal.)

5. Les conditions actuelles du travail permettent' elles de copier les anciennes corporations?

— Pas absolument, surtout dans la grande industrie. Mais les besoins des travailleurs sont les mêmes et ils réclament les mêmes secours. Pour les satisfaire, il faut rétablir un régime, corporatif approprié aux conditions présentes de la société, et ce n'est pas trop, pour y arriver, du concours de toutes les forces

sociales, de la religion, des pouvoirs publics et des personnes intéressées.

C'est bien là ce que réclame Léon XIII dans ses Encycliques Humanum genus et Rerum novarum, quand il déclare qu'il faut restaurer, en les appropriant au temps présent, ces corporations ouvrières qui doivent protéger, sous la tutelle de la religion, les intérêts du travail et les mœurs des travailleurs, venir en aide à l'honorable classe des prolétaires, assurer à leurs familles et à leurs enfants les bienfaits d'un patronage tutélaire, leur fournir les moyens de garder, avec les bonnes mœurs, la connaissance de la religion et l'amour de la piété. (Cf. Lettres apost.,

ni, 59.)

Le salaire.

I' Qu'est-ce que le salaire?

— C'est la forme sous laquelle se détermine le plus souvent aujourd'hui la part de l'ouvrier dans la production.

L'esclave trouvait chez son maître le vivre et le couvert. Le serf avait les fruits de la terre en payant une redevance. Le salarié reçoit une rémunération convenue d'avance et proportionnée soit au temps

de travail, soit à la quantiié de l'ouvrage produit. Le salaire est déterminé par un contrat. C'est le caractère de liberté de ce contrat qui forme la différence essentielle entre le salarié et l'esclave. L'esclave recevait la rémunération que son maître voulait bien lui donner. Le salarié reçoit la rémunération convenue. Il peut toujours chercher un maître qui lui offre une rétribution plus avantageuse.

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