Qu'est-ce que le régime capitaliste
— C'est celui oîi le capital-argent a le rôle prépondérant dans l'ordre économique.
Dans le langage courant, on entend même par ré-
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gime capitaliste celui où le capital-argent a, non seulement une action prépondérante, mais encore une influence abusive et souvent illégitime.
Il s'agit ici de ce capital mobilier qui est détenu surtout par la Haute-Banque et dont la Bourse est le marché quotidien.
C'est un fait trop évident que ce capital a en grande partie une origine injuste par suite d'opérations usuraires, de spéculations malhonnêtes, d'accaparements et de monopoles oppresseurs.
Ce capital est sorti de sa fonction légitime qui était d'être l'auxiliaire du travail ; il est devenu un instrument d'oppression, de jeu, de vie oisive et désordonnée.
4. Commetit s'est formé le capitalisme et qu'elle est son action sociale?
— Le capitalisme a commencé au xvi° siècle avec l'organisation des compagnies coloniales et des exploitations minières, le développement des banques et des manufactures. II est arrivé à son comble aujourd'hui par la concentration industrielle, par l'accroissement du crédit, par l'association des capitaux et les manœuvres de la Ilaute-Bancpio.
Voici quelques-uns de ses effets désastreux : i" Le capitalisme envahit toutes les fonctions économiques
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et y porte le trouble : il est acheteur et vendeur dans les Bourses de coraraerce et prrtcnd imposer ses caprices aux producteurs et fixer les prix que le consommateur devra payer.
2° Il usurpe la direction de la vie économique. Cette direction n'appartient plus aux capitalistes producteurs qui sont les vrais organes du progrès social et qui sont en contact avec l'ouvrier dont ils apprécient les besoins. Les milliardaires et les syndicats de la Haute-Banque pèsent comme ils l'entendent, non seulement sur les cours des fonds d'Etat, mais sur le marché de toutes les valeurs industrielles.
3° La banque intervient dans l'industrie par les prêts aux industriels. Les banquiers et leurs actionnaires retirent par là les plus gros profits de l'industrie quand ils ne sont pas trompés dans leurs appréciations.
La banque ancienne se contentait de l'escompte des effets de commerce.
4° Une partie du capitalisme cède à la passion du jeu et se jette dans la spéculation sur les variations des valeurs.
5° Le capitalisme a dépouillé l'action économique de tout caractère moral. Qu'importe le régime du travail à l'actionnaire des sociétés anonymes! Le profit industriel sous forme d'intérêt et de dividende
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est pour lui la loi suprême. 11 est sans entrailles et méconnaît tous les devoirs du patronat.
6° Le capitalisme fait régner dans la vie sociale l'esprit de lucre, la cupidité et le désir de s'enrichir indéfiniment.
C'est bien ce capitalisme cupide que Léon XIII a flétri en plusieurs passages de l'Encyclique Rerum novarum.
« Tout principe et tout sentiment religieux, dit-il, ont disparu des lois et des institutions publiques, et ainsi peu à peu les travailleurs isolés et sans "défense (privés de tout concours des corporations) sont tombés à la merci de maîtres inhumains et ont été sacrifiés cà une concurrence effrénée. Une usure dévorante a été pratiquée sous des formes nouvelles par des hommes avides de gain. Le monopole du travail et des effets de commerce est devenu le partage d'un petit nombre de riches et d'oiiulenls qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires... La violence des révolutions a divisé le corps social en deux classes et a creusé entre elles un abîme immense. D'une part, la toute-puissance dans l'opulence : une faction qui, maîtresse absolue du commerce et de l'industrie, détourne le cours des richesses et en fait affluer vers elle toutes les sources; de l'autre, la faiblesse dans
l'indigence : une multitude, l'âme ulcérée, toujours prête au désordre. »