‹ Catéchisme socialChapitre 59 sur 100 · Quels so7it les iiiconvénients du crédit · texte numérisé non relu

Quels so7it les iiiconvénients du crédit

— Ils sont fort nombreux et ils font maudire le régime du crédit sous lequel nous vivons par un bon nombre de sociologues et de moralistes.

1° L'habitude du crédit produit d'abord une grande instabilité des fortunes. Les prêteurs s'exposent à des risques fréquents. Ils s'ingénient parfois à trouver des garanties dans des combinaisons légales, telles que le cautionnement, la solidarité, les hypothèques. Mais, le plus souvent, ils ont foi dans la solvabilité de l'emprunteur, c'est ce qu'exprime le mot crédit {creditum^ credere)^ et leur confiance est souvent trompée.

2" Les emprunteurs sont bien tentés d'imprudence. Cet .argent emprunté, il faudrait l'employer avec soin d'une façon productive. Si l'emprunteur le dépense pour ses besoins personnels, s'il ne réussit pas à lui faire produire une somme au moins équivalente à celle empruntée, c'est la ruine. Et de fait l'histoire des relations commerciales est un long martyrologe des emprunteurs qui se sont trouvés ruinés

par le crédit. C'est donc une opération souvent très dangereuse.

3° Le développement du crédit est pour beaucoup une tentation de vie facile et paresseuse. Dès lors qu'on peut prêter son argent et en retirer un intérêt, on se soustrait à la grande loi du travail, dès qu'on a suffisamment de capitaux. On se laisse aller à une vie oisive, qui devient facilement scandaleuse. La classe riche abandonne ses devoirs sociaux. Elle encourt le mépris des travailleurs et provoque l'envie. C'est là une des causes, et non la moindre, de l'antagonisme des classes et des doctrines révolutionnaires qui vont toujours se développant.

4° C'est pour les banques d'émission une tentation de spéculations iniques. On fait appel au crédit pour des affaires qui n'ont pas de fondement sérieux. Les fondateurs, les banquiers et certains fournisseurs de matériel exploitent indignement les naïfs qui se laissent prendre aux prospectus alléchants et qui donnent trop facilement leur confiance.

5° Les titres de crédit négociables à la Bourse deviennent l'objet d'un agiotage immoral. Le jeu par lui-même est contraire aux bonnes mœurs quand le joueur risque la fortune de sa famille; à plus forte raison est-il immoral si on y recourt à des moyens frauduleux, si on cherche à influencer le marché

par de fausses nouvelles, comme font souvent les spéculateurs.

6° Les entreprises industrielles et commerciales étant représentées sur le marché par des titres de crédit deviennent facilement l'objet d'accaparements et de monopoles. Il est facile pour les gros financiers de se rendre maîtres, par l'achat de titres, du marché de tel ou tel produit. Et ces accaparements sont fréquents, on le sait.

7° Un autre inconvénient du crédit, c'est d'amener des ruines immenses quand une guerre surgit. Les titres les plus solides perdent la moitié de leur valeur ; bien des entreprises basées sur le crédit tombent pour ne plus se relever. C'est un effondrement universel.

On pourrait énumérer encore bien des conséquences fâcheuses du crédit. Il est certain qu'une trop grande liberté est laissée au crédit dans notre régime économique actuel. Les lois et les mœurs ont là bien des abus à réprimer. (Cf. Lettres apost., III, 21, ;^^^ 53, 57, de l'usure et de l'accaparement.)

Les banques.

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