Quelle est la raison d'être de la vie sociale
— La lutte présente est bien âpre. Dieu n'a pas trouvé bon que l'homme y fût seul. Il lui a donné le secours de la famille, de l'association, de l'État.
Ce n'est pas la société que Dieu a eue d'abord en vue, c'est l'homme. Il n'a pas fait l'homme pour la société, il a fait la société pour l'homme. Il a contemplé l'homme en face de la nature et il a dit : « Il n'est pas bon qu'il soit seul. Donnons-lui une famille. II y trouvera la source de sa vie, le nid de son enfance, un secours pour son développement, une consolation quotidienne et une assistance pour ses mauvais jours. Et cela ne suffira pas encore. Les personnes privées et les familles isolées n'arriveraient pas à un grand développement et rencontreraient des obstacles infinis, donnons-leur l'instinct de la vie sociale. La société civile aidera puissamment les personnes et les familles, qu'elle réunira dans ses frontières naturelles ou historiques. Elle les protégera, elle leur procurera la paix à l'intérieur et à l'extérieur, elle aidera à leur développement total. »
Tel est le \Aa\\ divin. La société est voulue de Dieu pour le bien général. (Enc. Immortale Dei, t. II, p. 23, éd. de la Croix.) Elle doit ])rotégcr l'ordre
et la paix, elle doit promouvoir l'activité et la vertu.
« Elle doit, en favorisant la prospérité publique, pourvoir au bien des citoyens. Loin de mettre obstacle à l'acquisition par eux du bien suprême auquel ils aspirent naturellement, elle doit leur assurer toutes les facilités possibles pour le poursuivre. Et la première de toutes est le^respect de la religion, dont les devoirs unissent l'homme à Dieu, s (Encycl.)
Instrument de la Providence, la société doit veiller à ce que le dessein de Dieu ne soit pas entravé. Dieu a voulu sûrement que tous ses enfants trouvassent habituellement ici-bas les moyens d'alimenter leur vie physique et leur vie intellectuelle et morale. L'homme doit trouver le pain quotidien pour lui et pour les siens. Il a droit au respect de sa dignité, à une part suffisante d'instruction et de liberté, à une large faculté de prier et de servir Dieu.
La société ne peut ni violenter ces droits, ni permettre qu'ils soient opprimés par d'autres. Elle a mission de protéger l'homme dans sa dignité et dans ses droits et non de l'asservir.
Mais à son tour la société a besoin d'être aidée pour procurer le bien général. Elle a le droit d'exiger de ses membres le concours nécessaire pour remplir sa mission. Elle peut requérir leurs bras et
leur or dans la mesure où l'exige le bien public. Elle ne peut jamais exiger le sacrifice de leur conscience. Il n'y a aucun bien supérieur auquel la conscience doive être sacrifiée. L'obéissance à la conscience, c'est l'obéissance à Dieu, elle passe avant l'obéissance aux hommes.
Nous trouverons dans ces principes généraux la base des droits et des devoirs de la société envers ses sujets et des sujets envers la société et le pouvoir social.
La famille dans la société civile.
Quelle est le rôle de la famille dans la vie sociale?
— La famille est antérieure à la vie sociale. Elle est à l'homme un secours plus essentiel et plus intime que celui de la société civile. Elle est pour l'homme un lien sacré, la source de sa vie et son soutien nécessaire.
La société civile est postérieure à la famille. Elle unit les familles comme elle unit les personnes. Elle est destinée à les aider, à les protéger, à y promouvoir le bien. Elle doit les respecter comme des institutions sacrées que Dieu s'est [)lu à revêtir d'un caractère religieux.
La socit^tc n'a rien à voir à l'organisation des familles, elle les trouve tout instituées par la nature et par la religion.
Les familles sont le pivot de la société, elles sont sa force. Elle profite de leurs vertus, de leur discipline, de leurs richesses, de leur fécondité.
Dès lors qu'il a plu à Dieu de régler directement la constitution des familles chrétiennes, le pouvoir civil doit s'incliner devant ce fait qui s'impose à lui.
La société réunit et protège les familles telles que Dieu les a faites, en respectant leur autonomie, leurs droits, leurs rapports directs avec Dieu ou avec l'Église qui représente Dieu sur la terre.
Si Dieu donne aux familles une loi de stabilité, la société doit respecter cette loi et ne point l'amoindrir.
Elle doit aussi reconnaître et faire respecter la loi d'autorité que Dieu a établie dans la famille. Elle en doit favoriser l'accomplissement. (Cf Encycl. Renim novarian, t. II, p. 29.)
CATECHISME SOCIAt,
L'État, son origine, sa constitution.