Quels sont les abus les plus fréquents des banques
— Les banques, en général, sont dures pour les faibles. Les emprunteurs gênés trouvent là des fonds au taux nominal de 6 pour loo, auquel il faut joindre
les frais de commissions et de renouvellements, ce qui porte l'intérêt beaucoup plus haut.
Les grandes banques ou banques d'émission se livrent souvent à la spéculation, aux dépens de l'épargne populaire. Elles se chargent de l'émission des titres de sociétés nouvelles ou même des emprunts d'États. Elles ne se contentent pas des commissions considérables qu'elles reçoivent, mais elles forcent les cours soit par des réclames habiles, soit même par des achats fictifs, et quand les titres sont classés, elles laissent tomber les cours aux dépens des acheteurs.
Enfin, les banques abusent souvent des dépôts qui leur sont confiés en se livrant à la spéculation ou à des opérations hasardeuses. Elles courent alors le risque de semer la ruine dans toute une région par leur effondrement.
3, Quels re7nèdes peut-on apporter à ces abics?
— Certains remèdes peuvent venir des lois, d'autres seront l'œuvre des mœurs.
La loi pourrait et devrait organiser une surveillance particulière sur les banques. Les banques sont jusqu'à un certain point des établissements d'intérêt public. Leur mauvaise gestion compromet les intérêts de toute une ville, de toute une région. La loi a
réglé la surveillance des études de notaires, parce qu'on y faisait de la banque, elle pourrait également exercer un contrôle sur les banques.
Les banques populaires et les sociétés de crédit agricole doivent soustraire les petits emprunteurs aux exigences des banques. Ce sont là des œuvres urgentes qui favoriseront le travail et l'épargne et qui remédieront en partie à l'usure contemporaine.
La Bourse et ses opérations.