‹ Catéchismes philosophiques, polémiques, historiques, dogmatiques, moraux, liturgiques, disciplinaires, canoniques, pratiques, ascétiques et mystiquesChapitre 54 sur 235 · SUR LES FONDEMENTS DE L4 FOI · texte numérisé non relu

SUR LES FONDEMENTS DE L4 FOI

poor la gloire de leurs dieux ; que le cuHc

Su'ils rendaient à ces dieux était Crès-sérieux e leur part ; que ce culte était chez chaque peuple la religion de TEtdt. Cela étant, il devail élre trè^iificlle, et même absolument Impossible, non seulement à des hommes oralnaires , mais même aux plus grands hommes en tout genre, de désabuser les

EBuples du culte de leurs fausses divinités, t en effet comment détruire des préjugés si anciens , si universels , si profondément, imprimés dans tous les esprits? A quoi il faut eucbre ajouter queTidolâtrie favorisait toutes les passions du genre humain , et que par là elle devait avoir de puissants attraits pour les hommes. Cependant il ne s'agissait pas seulement de désabuser les peuples du culte de leurs fausses divinités : il fallait encore leur persuader d'embrasser la Religion cbcétienne , c'est-à-dire une Religion çui oblige les hommes à croire des mystères incompréhensibles et ou leur raison se perd ; à adorer comme leur Dieu un homme crucifié ; à se crucifier eux-mêmes par le renoncement à toutes les passions de leur cœur , et à être toujours prêts à mourir pour la défense de leur foi. Ur quoi de plus difficile et même de plus impossible que de faire recevoir une telle Religion à des hommes orgueilleux , sensuels, pleins d'amour pour eux-mêmes et pour tous les biens de ce monde? *

D. Je conviens de tout ce c^ue vous dites : comment donc le monde est-il devenu chrétien?

R. Le monde est devenu chrétien par la

Iirédication des douze Apôtres , qui étaient es douze principaux 'Disciples de Jésus- Christ. ^

D. Ces Apôtres étaient donc en même temps et les -hommes les plus puissants et Jes plus grands génies que le monde ait vus? R. Point du tout. Les Apôtres étaient pour la plupart des pêcheurs que Jésus-Christ avait appelés à sa suite des bords de la mçr de Galilée; c'étaient des hommes pauvres, ignorants et grossiers , et qui ne jouissaient dans ce monde d'aucune considération et n'y avaient aucune autorité.

D. Mais est-il bien certain que les Apôtres étaient tels que ^ ous venez de les dépeindre^ et que ce sont eux qui ont rendu le monde chrelien?

R. Les Apôtres se montrent partout dans l'Evangile tels que je viens de les représenter» et personne n'a jamais osé nier que ce ne fût là leur caractère. £t d'ailleurs tout le inonde convient encore que les Apôtres convertirent à la Religion chrétienne une multitude prodiffieuse de Juifs et d*idoiAtres, et c^ue lorsqu ils moururent il y avait des Chrétiens presque dans tout le monde connu. D. Je conviens que les Apôtres n'eurent rien par eux-mêmes de ce qui était néces-. saire pour rendre le monde chrétien d'idolâtre ou'il était; mais. peut-être aussi que, lorsqu ils commencèrent à prêcher l'Ëvangile« le hasard fit que le monde fut disposé à lies écouter favorablement, soit par l'amour de la nouveauté, naturel à tous les hommes,

CatIcce. Puilos. 1.

soit pour quelque autre raison : ils trouvèrent un moment heureux ; ils eii profitèrent si heureusement qu'ils firent des conquêtes de toutes parts, et que le monde se vit chrétien et contre son attente et contre la leur.

R. Toutes les conjectures que vous venez d'avancer sont contredites par toutes les histoires. Dès que les Apôtres commencèrent à annoncer Jésus-Christ, tout l'univers s'éleva contre eux, les Juifs, les Grecs, les Romains, les Rarbares. Tous les Apôtres furent les victimes de leur zèle pour Jésus-Christ, on immola avec eux une multitude Infinie de leurs disciples et »de disciples de leurs disciples ; on leur fit partout une guerre implacable, et dans toutes les villes on voyait couler des ruisseaux de sang chrétien : on peut dire que l'empire romain en fut éomme inondé.

D. Vous me faites frémir. Sans doute

3 aune persécution si violente arrêta toui 'un coup les progrès de la Religion chrétienne? .

R. Rien moins que cela. Le Christianisme s étendit de toutes paris, noii seulement malgré la persécution, mais encore par la persécution. Plus on immolait de Chrétiens , plus il s'en faisait. Le sang d'un seul martyr ftaît une semence féconde qui en faisait germer mille autres. Les empereurs et le monde avec eux étaient dans un étonnement inexprimable , et l'on ne savait à quoi attribuer ce prodige.

D. Mais peut-être que la persécution contre les Chrétiens commença trop tard et lorsque le Christianisme était si répandu, qu'il n'était plus possible de l'abolir?

R. Vous oubliez que je viens de vous dire que la persécution contre les Chrétiens commença le jour même que les Apôtres annoncèrent Jésus-Christ pour la première fois dans Jérusalem , et qu*elle devint toujours plus violente à mesure que le Christianisme s'étendait davantage.

D. Je vois c^ue la persécution que les empereurs romams exercèrent contre les Chré^ tiens fut très-violente; mais peut-être qu'elle) dura peu, et que ce fut ce qui sauva la Religion ? Apparemment que les empereurs se lassèrent de tourmenter les Chrétiens avant que les Chrétiens se fussent lassés d'endurer les tourments?

R. Vous êtes encore dans Terreur : la per sécution contre les Chrétiens dura trois cents ans entiers , et ce ne fut qu'au bout de ce temps que Constantin-le^Grand, vaincu par la seule force de la vérité, se fit chrétien luimême. Dieu permit que les empereurs romais persécutassent la Religion pendant tout ce temps , pour les convaincre par leur propre expérience que, pouvant tout contre les Chrétiens , ils ne pouvaient rien contre le Christianisme, et que leur vocation à la Foi était bien plus une grâce qu'il leur faisait qifun bienfait qu*il accordait à son Eglise.

D. Ce que vous venez de me dire me cause la plus grande admiration, et c'est certainement un vrai prodige que la Religion c(irétienne ait fait de si grands progrès <'<in% le ^monde , et s'y soit établie malgré une m

{Seize.)

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CATÊailSifR

lûngné et gl crncllc pcrsôculion. Comment îcsÀpAtres, leurs coopéraleurs et leurs succcsscors s'y prirent-ils pour faire cette étonnante révolution? Quels moyens employè-

tcut-ilsî -

R. Les moyens que les Apôtres et dvoc eux leurs coopéraleurs et leurs successeurs mirent en œuvre pour convertir le monde furent précisément ceux qui, selon tôutrs les règles de la prudence humaine, devaiciil produire un elTet tout contraire.

D. Je vous prie de m'îndîquei* ces moyens. * R, Les voici en peu de mots : !• La prudence humaine voulait que les ApAlres commençassent par annoncer TEvangile en sc- * crel ; et cependant ils commencèrent par ( rannoncercnpublic.2- La prudence humaine Toulait que les Apôtres, leurs coopéraleurs et leurs premiers successeurs reçussent dans TEglise , indifféremment cl-sans choix, tous ceux qui demanderaient d'y entrer ; car il leur importait «le so faire promptemenl un grand parti ; et cependant ils n'y recevaient

Sué ceux en oui ils voyaient des marquas 'une conversion sincère. 3* La prudence humaine voulait que les Apôtres, leurs coopéraleurs et leurs premiers succcssrurs proposassent rÊvangiie avec quelque adoucissement, pour ne pas rebuter les Païens ; et cependant ils proposèrent toujours TEvangiie dans toute sa sévérité et dans toute son intolérance; et dans ces premiers temps , la réception du baptême fut toujours regardée comme un dévouement solennel au martyrt». 4* La prudence humaine youloît que dans les temps de persécution le gouvernement ecclésiastique mt plus modéré (iiic dans des temps de paix, et ou^on fermât les yeux sur bien dès abus et clés prévarications ; et cependant jamais le gouvernement ecclésiasli- S[ue ne fut plus ferme et plUs sévère que dans es temps de persécution. 5* Enfin la pru-. dence humaine voulait que lorsque les Chrétiens se virent assez forts pour résister Aux puissances du siècle qui les persécutaient ils s'armas5ent pour leur propre défense et pour celle de la Religion ; et cependant ils n'opposèrent constamment à leurs Eersécntions que la patience la plus invincile, et jamais les empereurs romains n'eurenl de sujets plus soumis.

B. Mais les Chrétiens fùrcnt-ih jamais en itat de se révolter contre les empereurs romains t

R. Dès le second siècle de l'Efflise les Chrétiens èiatent tellement multiplies, qu'ils étaient en état d*armer puissamment pour leur défense et de Ihire trembler leurs per* sécuteurs, et ils connaissaient très-bien leurs forces. Ter tnllten, qui flortssait dans ce tempslâ, le disait hautement au sénat romain dans ioii Apologétique. Mais si les Chrétiens sentaient leurs forces, ils sentaient encore mieux ce qu^lls devaient à leur loi , et ils ne con« naissaient' point d'iemtre gloire que celle de mourir pour Jésos-Christ«

D. Mais on^it que les Apôtres Breill beaucoup de mirafcles \ et si eela est» il n'est pas éumnant qu'tls aient convcrii le monde. Les

miracles suppléaient abondamment à ce qui leur manquait du côté des talents et de l'aa^ torité.

R. Les Apôtres firent en effet de grands miracles : rien n'est si certain , et pour en don*' ter il f^tut s*inscrlrc en faut contre toutes^ les histoires. Cependant hou^ voyons de nos jours des hommes qui osent dire qu'il n*y eut jamais de miracles ; mais ils u'j gagnent fien : car si les Apôtres n'ont fait aucun miracle , la conversion du monde opérée sans miracles est le plus grand de tous les mi;*a-^ des , et alors l'établissement de la Religion chrétienne est l'ouvrage de Dieu i et si les Apôtres ont fait des miracles. Il y a donc eu des miracles , et alors l'établissement de la Religion chrétienne est encore l'ouvrage de Dieu.

D. J'avoue que l'établissement de la Religion chrétienne n'est pas seulement l'ouvrage, mais encore le chef-d'œuvre de la puissance et de la sagesse de Dieu. Cette vérité brille si vivement à mon esprit que rlrn ne pourra jamais l'obscurcir; il me semble même que le moyen une Dieu a choisi pour convertir le monde était le plus digne de lui. S'il se fut servi ou de la puissance des Césars , ou de l'habileté des politiques, ou de la subtilité des philosophes, ou de l'éloquence des orateurs pour opérer cette grande révolution , les Césars , les politiques , les philosophes , les orateurs s'en seraient attribué toute la gloire; au lieu que Dieu n'ayant employé pour convertir le monde que la simplicité de douze pécheurs, il est plus clair que le jour que la gloire de cette grande révolution n'Hppartient qu'à loi seul.

R. Vous pensez fort juste là-dessus. Le dessein qu'eut Dieu en n'employant que la prédication de douce pédieurs pour convertir le monde est en effet celui que vous venec d'exposer; l'apôtre saint Paul le déclare expressément par ces belles paroles du ^api*tre premier de la première Ëpttre aux Gorin-^ thiens : La parole de la /bt est une folie potir ceux qui se perdent ; mais pour ceux qui je sauvent , c'e«l-d-dire pour nous , elle est la vertu de Dieu. Cest pourquoi il est itrit : Je détruirai la sagesse des sages, et je rejttterai lu sctenee des savants. Que sont devemu leit éages ? Que-sont devenusles docteurs de la làiT Que sont devenus les esprits curieux de ee siè^* de? Dieu n^a-t'-il pas convaincu de faite la sagesse du monder Car Dieu voyatU que iè monde avec la sagesse humaine neTavmt pa$ connu dans les ouvrages de la sagesse dimne , a lui a plu de sauver par la folie de la prédis cation ceux qui croiraient en lui. Les Juifl demandent des miracles , et les Gentils che^ ekent la sagesse ; et pour nom , nous préchonê jesus-4Jhnst crucifié ^ qui est un scandale auss Juift et une folie aux 6ent%ls , mais qui est Im force de Dieu et la sagesse de Dieu à ceux qmi sont appelés, soit Juifs, soit Gentils : parce que ee qui parait en Dieu une folie tsi plus sage que ta sagesse- de tous les hommes; et ce qui paraît en Dieu une faiêleese est plus fért que In force de tons les hommes. Considère» » mes frérts, qui sont ceux de vous qui oui M

SUK LES FOXDEMiENTS DE LA FOI.

appelés à la foi ; il y a peu de iages selon la cnair, peu de ouïssants , peu de nobles. Mais JEUeu a choisi les,moins sages selon le monde pour confonûpe les sages; il a choisi les faibles selon le monde pour confondre les puissants; il a choisi les plus vils et les plus méprisables selon le monde et ce qui n'était rien pour dé' truire ce quil y a de plus grand , afin que nul homme ne se glorifie devant lui.

CHAPITRE II. Sur la merveille de la conservation de, la Religion chrétienne.

])• Je convietis sans peine que rétablisserocnt de la Religion chrétienne est un mif-ade, et par conséquent une preuve incontestable de la divinité de cette Religion ; mais je ne puis regarder comme un miracle l^T conservation <l^ cettcReligion jusqu'à nos jours» parce que je n'y vois rien qui ne dût arfi- ▼er, selon le cours ordinaire des choses humaines.

R. Vous TOUS trompez , et rien n'est si facile que de démontrer que la conservation de la Rdigion chrétienne, telle que je Tentends, est un miracle aussi grand que celui de son établissement.

D. Vous m'avez dît que la Rcligfob chrétienne avait fait des progrès si prodigieux qu'au bout de trois cents ans , c'est-à-dire sous le règne du grand Constantin ^ elle fut la Religion dominante dans l'empire romain , et qu'elle s'étendit même au delà bes bornes de cet empire. Or 11 est évident qu'une Religion si étendue devait, se soutenir par ses propres forces durant plusieurs siècles et même jusqu'à la fin du monde. Oà çst donc le miracle de la conservation de cette Religfonf

R. Ooaiid je dis que la conservation de la Religten chrétienne jusqu'à nos jours est nii mhacle, je n'entends pas par là que c'est un miracle qu'il y ait encore des Chrétiens dans le monde \ mais je veux dire que c'est un mi-^ rade qu'il y ait eu et qu'il v ait encore dans te monde une grande societé^ de Chrétiens , une Eglise principale et dominante, qui a eQn«ervé la Religion chrétienne dans toute ta pureté, et teUe qu'elle fut donnée aUx apâtrcs par Jésus-Christ.

D. Je ne comprends pas encore parfaitement votre réponse; je vous prie de me l'ex* pliquer.

R. G^est ce que je vais tâcher de faire. Vous savez que la Religion chrétienne propose des mystères incompréhensibles , et que l'esprit kumain est naturellement curieux, indocile, présomptueux , amateur de la nouveauté et ae la singularité. Vous savez que la moralo de laRcfîgion chrétienne est austère et gênante, et que le cœur humain est vicieux et (-orrompu. Vous savez enfin que la Religion chrétienne renferme une* hiérarchie sacrée , à Tautoriié de laquelle tous les hommes doivent se soumettre , et que tous les hommes filment naturellement la liberté etrindépen- 4!ancc«

' D. Je sais tout cela ; mais qu'en concluezvous?

ft. Je conclus de toutes ces oppositions

qu'il devait donc s'élever parmi les Chrétiens une infinité de contestations touchant les dogmes , la nH>ralc , le culle,.la hiérarchie sacrée et son autorité, etc.; que ces eonfcs* talions dévalent enfanter une infinité de sectes , et que celte multitude infinie de sectes devait tout confondre dans le Christianisme. D. J'en tombe d'accord ; mais poursuivei» R. C'eût donc été un miracle qu'il n'y eÂt jamais eu entre les Chrétiens aucune contes* tation touchant les mystères, la morale et la hiérarchie, etc., puisqu'il eût foUu pour cela que, pendant près de dix-huit siècles, Dieu mit un frein à toutes les passions des hommes, pour les empêcher de remuer contre la Re^ ligion.

D. Cela me parait démontré ; mais j'attends la suite.

R. Mais si Dieu eût lâché la bride à toutes les passions des hommes , qu'il eût livré la Religion chrétienne à toutes leurs attaques , et que cependant, au milieu de toutes ces at-* taques, il eût toujours conservé la pureté de cette Religion dans une société principale et dominante ; que celle société se fût constam-' ment préservée de toute erreur dans la foi « de tout relâchement dans la morale, etc., no convenez-vous pas que ce serait un autre miracle aussi étonnant que le premier?

D. Je ne puis le nier ; mais qu'estai arrivé?

R. Le voici. Pendant environ dix-huit sièi clés le Christianisme a sans cesse été agité

f^ar les hérésies, les schismes , l^s scandaleSt es persécutions et les entreprises des puis** sauces séculières, comme par autant de tém-

Kétes ; et au milieu de toutes ces tempêtes, In religion s'est conservée dans toute sa purel4 de la manière que je viens de le dire. •

«D. Comment prouyez-vous que le Cbris« tianisme a été agité pendant dix -huit cents ans -de toutes les tempêtes dont vous Tene^ déparier?

R. Je le prouve par toute l'histoire ecclé-^ siastique qui en fait foi , et ces faits sont s} connus qu il serait superflu d'entrer là-des--» sus dans aucun délail.

D. Comment prouvez-vous que laReligiod chrétienne s'est conservée jusqu'à nos jours dans toute sa pureté dans une Eglise princi* pale et dominante ?

R. Je le prouve , parce que depuis la pre« mière prédication des Apôtres jusqu'à nos temps il y a eu dans le monde une Eglise qui était la plus étendue de toutes les Eglises chrétiennes, et qui était seule en état dn montrer par des titres authentifia «p'eltn avait été fondée par les Apôtres : mie Eglise qui s'est élevée contre toutes les oérésies dèn qu'elles ont paru, et les a condamnées » qui n toujours eu le même culte «t la^méme hiérarchie , qui a constamment résisté à toutes les entreprises des puissances du siècle contre ^ ses droits sacrés , et que jamais ses ennemis n'ont pu convaincre d'aucune erreur.

D. Quelle est donc cette Eglise?

JV. C'est l'Eglise qui a pour chefs les pon-^ tifes de Rome , successeurs de saint Pierre | c'est l'Eglise catholique i,am le sein de ltt« qoetlc nous avons eu le bonheur de naîtrai

TOUS a moî; c'est à regard ^<>e cette Mise ooe s'est accompli cet oracle de Jésus-Christ : Vous êtes Pierre, et sur celte pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer neprémU" dront point contre elle,

CHAPITRE ni. Sur rélonnante révolution quê la Religion chrétienne a faite dans te monde.

D. L'établissement do la Religion cliré^ tienne dans le monde, par la prédication des donze Apôtres de Jésus-Clitist, est un grand miracle. La conservation de cette Religion dans toute sa pureté durant le cours de dixhuit siècles est un autre miracte qHî n'est pas moindre , j'en conviens ; apprenez-moi maintenant ce que le monde a gagné à devenir chrétien, et quels sont les avantages que le monde a retires de sa conversion au Christianisme. . ^..» J.<. ,JL a

R. Ce que "je vous ai déjà dit là-oessus dans plusieurs occasions poiirrait vous suffire; mais puisque vous demandez quelque chose de plus particulier, je vous réponds que la Religion chrétienne a éclairé le monde, et qu'elle Fa sanctifié ; que la Religion chrétienne a rempli le monde de la connaissance ée la vérité, et qu'elle Ta orné des plus belles

vertus. . . , . « ,. .

D. Quelles sont les Vériles que la Religion chrétienne a fait connaître au monde?

R. C'est laReliffion chrétienne qui a appris aux hommes qu'il n'y a qu'un Dieu, créateur du ciel et de la terre, et qui leur a donné une Jnste idée des perfecitofis de cet Être suprême et du culte qui lui est dû. C'est elle Oui leur a fait connaître l'excellence de leur nature, la sainteté de leurs devoirs, la sublimité de leur fin ; en un mot, les grands principes de la loi àaluirelle et les conséqueOcs qui naissent de ces principes ; et qui a gravé ^i profondément et avec tant de netteté ces' notions dans leurs esprits, qu'ils ne jpèuvent comprendre comment tant de peuples donnèrent autrefois dans les erreurs contraires à ces notions.

R. Les philosophes païens n'enrent-ils pas toutes ces connaissances?

' R. Chacun des philosophes païens eut quelqii'une de ces connaissances , mais aucun ne les eut toutes; et même ils ne les eurent pas toutes entre tous : et d'ailleurs ils n'eurent ces connaissances que d*une manière si imparfaite, qu'elles ne produisirent en eux

Se des opinions , et non une persuasion iiie et constante. Et c'est un fait connu de tout l'Onivêrs , que les Chrétiens les plus tsmples et les plus grossiers de nos temps vsrpàssent dans toutes ces connaissances les plus grands génies du paganisme, les Socrate, les Platon , les Aristole , les Cieéron ,

eti:.

D. Vous avez dit anssr que la Religion chrétienne avait sanctifié le monde, et l'avait orné des plus belles vertus ; je vous demande un mot d'éclaircissement là* dessus.

R. Pour satisfaire a votre désir . il faut c^imparcr , d'une part , le caractère des ver-

tus païennes avec celui des vertiis cbréticiH nés; et de l'autre, la multitude des saints que le Christianisme a produits, avec le petit nombre des hommes vertueux que le paganisme a enfantés.

D. Quel était donc le caractère des vertos païenniers?

R. A parler en général, les Païens crotaieot tirer tputes les vertus de leur propre fonds , et ne les devoir qu'à eux - mêmes ; et parce qu'ils croyaient ne devoir leurs vertus qu'à eux-mêmes, ils ne les rapportaient qu'à eux-» mêmes , c'est-à-dire à leur pc'opre gloire t ainsi ils erraient touchant le principe et touchant la fin de la vertu ; ainsi il y avait

f^res(}ue toujours dans leurs vertus comme un evain d'orgueil qui en altérait le prix. Je dis presque toujours; car il est certain que Thomme peut, par les seules forces dé la nalure , faire quelques actions bonnes d'une bonté morale , et pratiquer même deS' vertus qui méritent véritablement ce nom.

D. Quel est le caractère des vertus chrétiennes ou de la sainteté chrétienne?

R. La sainteté chrétienne est une sainteté dont la grâce de Dieu est le principe, une sainteté dont l'amour de Dieu est l'ame, une sainteté dont la gloire de Dieu est la fin ; et par conséquent elle est de sa nature une sainteté humble et modeste, une sainteté Traie , pure et sublime , une sainteté féconde en actions héroïques de toute espèce.

D. Le Christianisme a- t-il produit beaucoup de maints?

R. Le Christianisme a produit une multitude innombrable de saints de tous les.genres de sainteté : saints apôtres , saints mar->, tyrs, saints pénitents, saintes vierses ,' etc; Les recueils des actions de ceux qu on con^* naît composent d'immenses volumes ; et ceux qu'on connaît ne sont rien en comparaison de ceux dont les noms sont tombés dans l'oubli. ' - ^

D. Cependant il y a bien de mauvais Chré-* tiens ; il se commet bien des crimes dans le Christianisme ?

R. Cela est Vrai; mais remarquez, 1* que le Christianisme par lui-même ne peot former gue des saints ; Sr que le Christianisme a formé en etfet une multitude infinie de modèles accomplis de sainteté; 3* qu'il n'y a pas un seul Chrétien, je veux dire un seul de ceux qui le sont véritablement, du moins en ce sens qu'ils ont conservé la foi , qui n'ait un fonds de vertu; h"" qu'il n'y en a pas un seul qui ne devint un saint s'il obéissait fidèlementaux impressions de la foi. Au contraire, V le paganisme ne pouvait par lui-même ' former que des scélérats ; ^ la plupart des Païens vertueux n'ont eu qu'une seule vertu ; aucun Païen n'a eu toutes les vertus.

D. L'histoire profane raconte cependant beaucoup de* belles actions faites par les Païens, et l'on y trouve des hommes dont les vertus furent admirées par leurs contcinpivralns , et Tonl été par toute la postérité , des

SUR LES rONDEMENTS DE LA FOI.

hommes i^aé Icors vertus et leurs belles a^ Ifons ont immortalisés.

R. 11 est Traî qu*on en trouve: mais le nombre en est si petit, qu'on ei|^ rougit pour la nature humaine. Quand les Païens oilt cilé leur Socrate , leur Aristide, leur Ëpamiiiondas, leur Scipioh, leur Caton ei quelques autres , ilis n'ont plus personne à nommer. Qudle stérilité pour de si grands peuples, pour des peuples si é<ilairés , pour des peuples qui ont fleuri durant tant de siècles I

D. Je Tois en effet que depuis dix -huit cents ans il s*est fait une grande et admirable réyolution dans le monde moral; et ce qui mé frappe le plus , c'est aue cette révolution est rouvrage d'un seul homme, d'un homme né dan9 une étable et mort sur une croix.

n. Cela est (rés-frappaht;mais*il y a queU que chose qui l'est encore plus :. c'est que ce mémo homme, qui est Jésus-Christ , se soit clevéau faite de la gloire, et soit devenu le Dieu de l'univers par l'opprobre de lacroii : c'est que depuis tant de siècles le monde voie l'accomplissement de cet oracle de Jé:sus- Christ : Lorsqu'on m'aura éievé de la terrt t j'attirerai tout d mot. Et de cet autre oracle de Saint Paul : Il s'est rabaissé luimême en se rendant obéissant jusqu'à ta mort , et jusqu'à la mort de la. croix ; e'esé \ pourquoi Dieu Va élevé par -dessus toutes choses,' et lui a donné un nom qui. est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus- Christ tout genou fléchisse dans le ciel, sur h terre et dans les enfers , et que toute langue confesse que le Seigneur Jésus est dans la gloire de son Père*

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