‹ Cathédrale d'Amiens. Les stalles et les clôtures du choeurChapitre 13 sur 28 · TOMBEAU DE EERRY DE BEAUVOIR · texte numérisé non relu

TOMBEAU DE EERRY DE BEAUVOIR

Ferry de Beauvoir parvint à Févechô d'Amiens en 1454 par l'élection régulière du chapitre dont il était membre, sur la recommandation du duc de Bourgogne. On le voit se rallier ensuite à Louis XI et assister à son sacre qui se lit à Reims en 1461, et puis se rattacher encore au parti de son premier bienfaiteur, et encourir, pour ce fait, la disgrâce du vainqueur de Gharles-le-Téméraire. La conséquence des réactions politiques de ce temps fut la confiscation de toutes les redevances que la ville payait à Ferry de Beauvoir, et sa retraite forcée à Montreuil, ville frontière de son diocèse, où il mourut en 1472, Il fut enterré dans l'église collégiale de cette ville^ et ce ne fut que dixsept ans plus tard que son neveu Adrien de Hénencourt lui prépara le sépulcre que nous décrivons, et l'y fit trans» férer. ^ •

Le monument funéraire consiste en une statue de grandeur naturelle représentant le prélat en chape, mitre et

crosse, gisant la face tournée vers le ciel et les mains jointes sur la poitrine. Les figures des douze apôtres composent l'ornement en broderies de la bordure ou orfroi de la chape. Les pieds chaussés s'appuient sur un Mon, symbole du courage.

Au fond de la niche funéraire, rassemblée des douze apôtres se présente avec un grand développement et des détails intéressants. Us y sont peints cà fresque, nimbés d'or, avec leurs insignes distinctifs et des phylactères sur îescp.iels chacun d'eux porte celui des douze articles du symbole dont une tradition, plus ou moins fondée, leur attribue la composition, et qu'ils semblent se réciter les uns aux autres, à en juger par leur pose respective et leurs gestes. S. Pierre, avec ses clefs, commence le Crcdo^ que continuent, André s'appuyant sur sa croix , Jacques-le-Majeur en habit de pèlerin, Jean tenant le calice d'où sort Fesprit du mal, Thomas muni de l'équerre^ Jacques-le-Mineur avec le bâton de foulonnier, Philippe avec la croix à longue tige, Barthélemi le couteau en main, Matthieu avec la lance, Judde avec la hallebarde , Simon avec la scie , et Mathias avec Fépée, Deux m.oines pleureurs sont peints assis aux deux bouts de la niche, à la tête et aux pieds du mort.

Des peintures du genre de celles qui enrichissent les parois de la niche tombale couvrent également, au dehors, toute la surface du mur de soubassement et en complètent la décoration d'une manière très-heureuse. Au-dessous de la niche , s'étale un riche drap mortuaire en étoffe tissue d'or et émaillée de brocard en soie ou en argent, et sur

ce fond éclatant et splendide traversé par une longue croix blanche , des symboles d'espérance : au centre , Tagneau divin ; aux angles, l'aigle, le bœuf, le lion, et l'ange représentant les évangélistes. Deux chanoines en soutane rouge, surplis et chape, soutiennent par les extrémités cette riche tenture. Il ne faut pas passer outre sans remarquer ce que l'artiste a fait gagner encore à ce sujet principal de son tableau, en imaginant de ne le faire montrer qu'avec mystère par deux anges vêtus de tuniques blanches comme au tombeau de Jésus-Christ ressuscité. Les deux rideaux rouges que ces anges tirent chacun de leur côté , pour découvrir le cénotaphe, produisent un effet qui serait dramatique, saus le défaut de relief qu'on reproche aux peintures murales de ce temps.

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HISTOIRE DE SAKnT FIRMIN.

L'histoire du saint, à partir de son entrée dans la ville d'Amiens, occupe les quatre niches de la première travée en commençant par la plus rapprochée de la nef. Chaque scène est expliquée par une inscription placée au-dessous, que nous reproduirons exactement, et qui nous dispensera souvent de plus longs commentaires. Ces inscriptions ou légendes, quoique gravées en creux, paraissent, par un effet de peinture, disposées sur autant de longues feuilles de papier fixées, par leurs quatre coins, avec des pains à cacheter.

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