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DES DÉCORATIONS CONSTRUITES EN CETTE OCCASION

dans l'église métropolitaine de reims, au mois de mai de l'an i825.

Le sacre des rois, est une cérémonie politique et religieuse, qui remonte aux temps les plus reculés de l'antiquité et fut en usage dans presque toutes les nations.

Les rois n'ont établi et consolidé leur autorité , qu'en s'annonçant comme les mandataires de la divinité, révérée par les peuples qu'ils voulaient gouverner , et le premier qui ceignit le bandeau royal ne fût point , comme on se plaît à le répéter , un soldat heureux , mais un sage, qui civilisa ses semblables, en leur commandant au nom d'une puissance surnaturelle et immuable, dont il semblait lui-même recevoir les ordres suprêmes. Ce ne fut pas seulement devant une supériorité humaine et éphémère, que les hommes crurent d'abord fléchir leur tête , mais devant un envoyé des cieux, empruntant un langage et un caractère divin, pour leur dicter des lois de justice, de paix et d'union : les premiers rois furent donc pontifs et législateurs.

Depuis : les choses ont changé : l'autel s'est séparé du trône : mais les rois en n'appuyant plus leur droit que sur leur épée et la sanction des peuples, n'ont point négligé l'égide nécessaire que leur prête encore la religion. Les descendans de Clovis et de Saint-Louis surtout, ces fils

aînés de l'église catholique, ont toujours signalé leur avènement, en s' empressant de recevoir dans le temple de l'éternel , l'onction sainte et la couronne, avec ce cérémonial auguste et solennel, dont le but est de rappeller aux princes comme aux peuples, la source divine de la puissance royale , et qui ajoute à l'éclat du trône en l'environnant de plus de respect et de plus de majesté.

L'histoire ne nous a conservé presqu' aucun document sur le sacre et le couronnement des rois de France de la première race et fort peu même sur celui des rois de la seconde. Pépin paraît être le premier et le seul de cette race dont les circonstances du sacre aient été recueillies avec quelques détails (1). Ce ne fut que sous la troisième race que cette cérémoniefut régléed'une manière invariable , et que le privilège en fut accordé exclusivement à la ville et aux archevêques de Reims par LouisVII, en 1 179, lorsqu'il fit, de son vivant, couronner Philippe-Auguste son fils. Aucuns des rois de France n'ont dérogé depuis à cet usage , excepté Henri IV qui fut sacré à Chartres à cause des événemens qui avaient mis la ville de Reims au pouvoir de la ligue. Depuis cette époque chaque règne vit ajouter quelque chose à la pompe et à la magnificence du cérémonial; les historiens en recueillirent jusqu'aux moindres particularités et la description des sacres de Louis le jeune, de Philippe- Auguste, de Saint-Louis, de Charles VII, de Louis XII, de François Ier , de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XVI, occupent une place importante dans nos annales : mais avec quel intérêt la France entière sortant d'un long deuil, n'a-t-elle pas vu, à l'instant même, renouveller dans la cité de Clovis, cet antique et pieux usage qui semblait interrompu pour jamais (2) : avec quel intérêt la postérité n'en lira-t-elle pas le récit, auquel tant de circonstances prêteront de nouveaux charmes : avec quel plaisir n'élevons-nous pas nous-mêmes dans ce recueil national des

(1) Pépin fut sacré à Soissons, par Saint-Boniface , légat du pape , évêque de Mayence.

(2) On sait que Napoléon jugea à propos de ne point suivre l'usage établi par les Rois de France, et il est probable que les successeurs de sa race auraient à son exemple été sacrés à Paris, et qu'ainsi Reims eût perdu son privilège.

plus beaux monumens de la piété de nos pères , un monument non moins national, à l'acte mémorable qui consacre la réintégration des fils de Saint-Louis sur le plus beau trône de l'Europe : à la gloire de nos artistes, de nos magistrats, des dignitaires étrangers, qui ont concouru à la pompe de cette grande fête de famille, par leurs talens, leur zèle ou leur magnificence : Au noble enthousiasme d'un grand peuple, encore prosterné devant l'éternel qu'il invoque sur les destinées du monarque nouveau que ses acclamations élèvent au trône.

Heureux si en remplissant cette honorable tâche, nos contemporains y trouvent un hommage digne du prince et de la patrie.

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