Catherine d'Aragon et les origines du schisme anglican
Votre Émineiice a daigné me permettre de Lui dédier mon ouvrage sur Catherine d'Aragon. C'est une grande fortune pour mon livre de paraître sous les auspices d'un nom tel que celui du cardinal NcAvman .
Dans une circonstance récente et solennelle. Votre Éminence s'est prononcée fortement contre la prétendue égalité, devant Dieu, de toutes les formes du christianisme, ainsi que des manifestations les plus diverses du sentiment religieux. Mais, d'un autre cnU'\ Elh^ a constaté que dans nos sociétés modernes, et dans la société anglaise en particulier, un gouvernement ne pourrait pas demander compte à chaque individu de sa croyance ou de son culte, avant de lui reconnaître le droit de cité : cette neutralité politicfue serait devenue une nécessité des temps.
En même temps, pour ramener l'unité dans un pays
divisé. Votre Éminciicc admet que la seule méthode à employer est celle de la persuasion : Elle cite à ce sujet ces paroles de l'Écriture : Mansueti hsereditahunt
terram.
Gx^st précisément par une méthode inverse que l'Église Anglicane fut étabhe. Son fondateur employa la violence, non pas pour maintenir l'Unité, mais pour la rompre. J'ai recueilU de nouveaux témoignages sur la triste origine de cette Église. Le schisme qui lui donna naissance s'imposa par une pression gouvernementale jusqu'alors à peu près sans exemple dans nos âges modernes.
Personne n'a mieux fait ressortir que Votre Éminence comment le sens du Divin s'est peu à peu retiré de l'Anglicanisme, pour faire place à une espèce de constitution purement civile.
En tachant de répandre un peu plus de lumière sur les commencements de cette œuvre de ténèbres, mon but serait de faire apprécier aux générations actuelles quelle peut être la valeur de cette religion césarienne qui ne s'est propagée qu'en foulant aux pieds les âmes les plus hautes et les plus généreuses de l'Angleterre, et en punissant, comme crime de lèse-Majesté, les résistances les plus légitimes de la conscience, sanctuaire inviolable, qu'aucune main humaine ne devrait profaner.
J'tij cru entrer clans les vues de Votre Eminence en
saisissant cette occasion pour mettre en relief l'in'-
roïsme de quelques-uns des martyrs qui illustrèrent
alors le catholicisme anglais.
Je suis avec respect,
de Votre Eminence, le très humble et très obéissant serviteur.
Albert du BOYS,