VAINES PLAINTES DES AGENTS ANGLAIS
« je remis au pape la lettre de la reine ^ qu'il lut tout « haut et trouva fort touchante. La vérité est qu'il y « avait là de quoi remuer et fendre des cœurs de « pierre 2. »
L'ambassadeur, en se retirant, reçut du souverain pontife les témoignages les plus bienveillants et les plus satisfaisantes promesses. Son exemple fait voir qu'on peut être habile diplomate et avoir du cœur. Du reste, ce langage élevé et chrétien s'adressait, non pas à un prince ordinaire, mais au père des fidèles. Il fut entendu et compris par Clément VIL On ne s'étonnera pas que, lorsque, deux ou trois jours après, les ambassadeurs anglais se présentèrent à la cour pontificale, ils durent être assez froidement accueillis. Ce fut en vain qu'ils se plaignirent amèrement qu'on ne tenait pas les promesses qui leur avaient été faites. On leur répondit qu'ils avaient pris de vagues formules de politesse pour des assurances positives , et que , là encore, il ^ avait de leur part bien peu de bonne foi!
1. C'était pi:obablement celle qui avait été remise au cardinal de Sanla-Croce et dont nous avons parlé plus haut. Cependant il serait possible que la reine eût envoyé deux lettres difTérentes, également adressées au pape.
2. Y en verdad que erapor quebrantar las piedras. Calendar, etc., tome IV, p. 974-975, Gayangos.