‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 106 sur 186 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

gouvernement, n'épargnait pas plus la princesse que les ligueurs : des pasquils*, des sonnets et des satires impossibles à reproduire étaient journellement répandus contre elle. Au Louvre même, dans les galeries qu'il lui fallait traverser pour se rendre chez le roi, des placards injurieux^, affichés par des inconnus, attristaient ses regards et offensaient son cœur. On allait jusqu'à redouter son influence sur le roi. Et cependant il la voyait rarement seule; un soir, qu'il avait écouté chez elle de la musique religieuse', on répandit le bruit qu'il avait assisté à une réunion de calvinistes et prié avec eux.

A ces épreuves s'en joignaient d'autres non moins pénibles. Associée à Ja vie de Henri IV depuis son arrivée à Saumur, elle partageait ses privations et souvent ses dangers. Au siège de Dreux, elle manqua périr à ses côtés, pour être venue visiter imprudemment la tranchée ; sa robe

1. Entre antres, Tnhlenu en pinte peùitnre de la vie et mœurfi fP Henri IV.

2. L'Étoile, journnL Voy. les Dix commandements au roi, t. II, p. 332. La Haye.

:{. M?V/., t. II, p. 336. La Haye.

fut effleurée par les balles, et des officiers furent mortellement frappés auprès d'elle. Durant ses voyages, il lui fallait se passer souvent du néces* $aire, et se loger dans des masures oti elle était à peine garantie du froid et de Thumidité, Pendant une expédition en Picardie, le roi la trouva malade, couchée sur un grabat, dans une chambre ouverte à tous les vents et dunt le plancher était si vermoulu, qu'il s'affaissa en partie durant la visite de Henri *.

La mauvaise administration de M, d'û, mnn* tendant des finances, augmentait la pénurie de cette cour errante. La sœur du roi jeûna souvent parce que ses pourvoyeurs ne voulaient plus rien fournir à crédit, et l'hiver de 1594 la trouva sans feu, poursuivie par les créanciers de Jeanne d'Albret, et obligée d abriter sa royale misère chez le connétable de Montmorency quand des privations trop longues la chassaient du Louvre. > En 1595, Henri, connaissant la détresse de sa sœur par les demandes qu'elle lui adressait forcément, lui- accorda la recherche des déchets de

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