‹ Catherine de Bourbon: sœur de Henri IVChapitre 11 sur 186 · CHAPITRE I. n · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. n

de Médicis, brillait aux yeux éblouis de sa fille d'un éclat presque surnaturel. Pour Catherine, la religion réformée se personnifiait dans sa mère. Où la politique et Tambition agissaient autant que la foi , elle ne voyait qu'une mission divine : sa jeune âme, exaltée par la passion filiale, adoptait avec enthousiasme les nouvelles doctrines, et la réforme religieuse, prétexte pour tant d'autres à des idées d'indépendance et d'ambition, était pour elle une conviction sans alliage impur et toute de conscience. Imbue des lectures de Calvin, des préceptes de ses disciples, l'enfant, croyant appartenir à la primitive Église , considérait les champions de sa cause comme les soldats de la foi, et révérait comme des martyrs ceux qui succombaient en combattant. De ces impressions si vives résulta un attachement profond pour les doctrines religieuses qu'elle voyait consacrées par tant de zèle, de sacrifices et de sang, et une volonté plus passionnée que raisonnée d'y demeurer constamment fidèle. Cette constance, inspirée par l'amour filial fut, ainsi qu'on le verra plus tard, la cause des cruelles douleurs qui affligèrent ses derniers jours.

En 1871, la victoire d'Arnay-le-Duc assura aux réformés une paix honorable. Catherine de Médicis, Charles IX et le duc d'Anjou (depuis Henri III) la souhaitaient également, et une trêve fut d'abord conclue, pendant laquelle Castelnau * et de Mesmes * réglèrent avec la reine de Navarre les préliminaires de la paix de Saint-Germain. La cour accorda un édit aux calvinistes , qui le publièrent avec solennité, et dont Jeanne d'Albret fit la lecture devant une assistance nombreuse. Sa fille, alors âgée de onze ans, était près d'elle et Técoutait avec une attention qui révélait le vif intérêt qu'elle prenait déjà aux succès de sa cause. Les confédérés obtenaient une entière amnistie, la liberté de conscience, le libre exercice de leur religion par toute la France, excepté à Paris et à la cour, et des avantages qui semblaient devoir leur rendre pour longtemps le calme et la confiance.

Mais les passions étaient trop excitées pour que

1. Né à Mauvissière, en Tonraine, en 1520, mort en 4592. Homme d'État, bon capitaine et habile négociateur.

2. Henri de Mesmes, né en ISS?, mort en 1596. Conseiller d'État et chancelier de Jeanne d'Albret.

Page 1