CHAPITRE XI
Trois années avant sa mort, et pendant un de ses voyages en France, la duchesse de Bar avait vu se conclure un mariage (Jont elle avait suivi les négociations avec un intérêt mélancolique. C'était celui du comte de Soissons, qui s'unissait à la jeune et spirituelle fille du prince de Conti. Après ce mariage, le comte quitta la cour et se retira dans son château de Blandy, en Brie, où la chasse devint sa principale occupation. C'est là qu'il apprit la mort de Catherine en 1604, et, en 1610, celle de Henri IV; il y mourut lui-même le 1*' novembre 1612, conservant, dit-on, jusqu'au tombeau, un profond attachement pour le souvenir de la sœur du roi. Il laissa deux enfants : un fils, auquel il transmit son nom, son esprit distingué et son caractère aventureux ; et une fille, qui épousa un prince de Savoie, et fut la mère du célèbre prince Eugène.
En terminant l'histoire de Catherine de Bourbon, nous avons à craindre d'avoir rappelé avec trop d'étendue les événements souvent racontés de l'existence de Henri IV, et surtout d'avoir insisté trop vivement sur sa sévérité envers sa sœur.
326 CATHERINE DE BPURBON.
Mais rien de co qui toudic à un tel Hommg ne saurait être indifférent, et Henri lY, sacrifiant sa sœur aux intérêts de la France, prend c^ nos yçux une grandeur plus imposante et plus natiopalf. encore. Si d'ailleurs il courba le cœur et la personne de Catherine sous sa volonté tpute-puissante, on reconnaîtra qu'il sut, ayec une pieuse et loyale abnégation, respecter en elle la UI^^T^f de conscience et Tinflexibilit^ de la pepçée.