SCÈNE XIII
HÉLÈNE, CONDÉ. Il se contient jusqu'au dipart de Stelli.
condé. Hélène!... je vous revois enfin!...
pouvais-je espérer un tel bonheur. (Mouvement d' Hélène. ) Oh! pardon, madame, si j’ai un moment oublié... mais sera-t-il jamais en mon pouvoir de reconnaître ce que vous faites pour moi... Ne pas craindre d'affronter la colère de Guise, en recevant, en accueillant chez vous le proscrit, le prince condamné.
Hélène. Condamné!... Oh! ne dites pas cela, monseigneur; mais, hélas, pourquoi ne m’est-elle pas venue cette crainte? je n aurais pas été assez imprudente pour vous offrir un asile dans ce château.
condé. Déjà du repentir?
Hélène. Non , pas du repentir, de la crainte; maisécoulez-moi de grâce !
condé. C’est à moi de parler, Hélène, c’est à moi de vous dire : Depuis trop longtemps vous gémissez sous le joug d’un odieux lien, depuis trop longtemps vous refoulez au fond de votre cœur l'amour que Dieu y plaça. (Mouvement d' Hélène.) Oui, ce sentiment est pur et sacré... Oh ! croyez-le bien, si je suis le chef de cette réforme, si je consens jamais à diriger les efforts de ceux qui veulent cette liberté de conscience qui leur est chère, c'est que je ne vols, je ne pense qu'à vous.
Hélène , inquiète. Mon Dieu ! que voulez-vous dire ?
condé. Que je conserve l’espoir de voir rompre un jour cette chaîne qui vous écrase de son poids . .
MAGASIN THÉÂTRAL
Hélène , de plut en plus inquiète. Mais | ce serait un crime !
condê. Dieu ne peut vouloir un tel supplice... Mais qu 'avez-vous? vous m'écoutez à peine.
HÉLÈNE. C'est que je pense aux dangers ui vous menacent, c'est que je dois vous 1 ire : Il faut fuir de ces lieux, monseigneur.
Oh ! pardonnez-moi, si en voulant vous sau- ' ver je n'ai fait que vous exposer davantage aux coups de vos ennemis.
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