‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 30 sur 67 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

SAINT-ANDRÉ , SOURDEVAL , SAINT- MÉGIUN, DE MERGY, ALK1KRI, Seigneurs.

Au lever du rideau, 1er truie premiers sont assis à une table de jeu, d'autres Seigneurs sont avec eux et * semblent prendre part au jeu. De Mergy va de l'un à l'autre ; Alfieri à I ci treuil id de ta scètn.' observe ce gui se passe.

SAINT-ANDRÉ, *e ferait/. Cinqctsixonzc!...

j’ai gagné. ( Riant .) Décidément messieurs, vous n’étes pas en veine aujourd'hui, et je vous ruinerais si je continuais.

DE MERGY, riant. Votre Seigneurie est bien bonne d’avoir 1 cet égard le moindre scrupule.

SAINT-ANDRÉ. Parce quedepuis longtemps c’est chose faite.

Tous rient.

SOt nDEVAL. Saint-Mégrin? dix écus d’or sur | ïamic, car, grâce au maréchal, mon escarcelle est vide.

de mergy, soupirant comiquement. Hélas!

oui, monseigneur... ruinés... El messire Alliéri, le savant alchimiste, au lieu de réver ainsi, ferait bien mieux de chercher à nous découvrir le grand-œuvre.

alfiÉkl Dieu me pardonne, mon beau Seigneur, je ne suis pas certain que ce merveilleux secret, s'il était en votre possession, puisse suffire â vos folles dépenses...

de mergy. Oh! messire... je n’ai jamais aimé les flatteurs... et en ce moment, vous me flattez.

MAGASIN THÉÂTRAL

SOURDEVAL, jetant In dit. Perdu... au diable le jeu... (Se Itvunl . ) Je pense comme toi. La découverte du grand-muvre , ou la guerre avec les huguenots, voilà ce qu'il nous faudrait.

SAJNT-MÉGRIN. I.a guerre avec ces chiens de huguenots d'abord.. . c’est le mot en le plus sûr d’emplir nos escarcelles et de mener joyeuse vie.

SAINT- ANDRÉ. Vous serez bientôt satisfaits, messeignenrs, car grâce à notre bonne reine, laquelle craint fort de voir vos épées se rouiller aux fourreaux, SI. do Coudé a rejoint l’armée de l’amii al.

Tors. Est-il possible!

saint-andré. Vous pouvez m'en croire. . .

SA1NT-MÊGRIN. Alors, c'est la guerre... Et bien , vive Catherine et sa politique ! Que Satan s'empare de mon âme si j’y comprends la moindre chose; mais on se battra, et c’est tout ce qu’il me faut; Sourdeval, eu attendant la confirmation de cette Ixmne nouvelle, le meilleur cheval de mes écuries contre Ion armure de Milan.

SOl'RDEVAL. J'accepte!

Tou* regagnent U tnbtc de jeu, pxWf-tc Saint-AndrS

rt Alfieri qui descendent U scène.

SAINT-ANDIlft, à lui-même avec colère. Oh!

oui. «m se battra. (.1 Alfieri.) Vous aussi, Alfiéri, avez été témoin de la scène qui s’est passée chez la reine!

ALFIÉRI. Hélas! oui, et j’ai bien souITert pour vous, monseigneur.

SAINT-ANDRÉ. Obligé de dévorer cet opprobre et ne |M)uvoir demander raison à cet homme!!! Le crorez-vous, malgré ces preuves pour ainsi dire irrécusables... eh bien, je doute encore.

ALFIÉRI. Je voudrais pouvoir penser comme vous, monseigneur; mais d’après ce qui s’est passé...

saint-andré. Oui, vous avez raison...

c’est surtout lorsque je pense qu’à peine devenue comtesse de Saint-André, Hélène courut une passion violente pour le prince, que toutes mes idées de jalousie v iennent se heurter en foule à mon esprit... c’est alors que ma tète s'égare , et enfante les projets les plus bizarres, les plus cruels même... puis, lorsque redevenu plus calme je pense à sa vie passée, alors je doute, et ne sais plus que croire... Ab! c'est une horrible torture que l'incertitude.

ALFIÉRI. Mais cette lettre écrite entièrement de la main de la comtesse...

SAINT-ANDRÉ, arer fureur. Cette lettre!...

Oh ! taisez-vous, Alfiéri, taisez-vous.

alfiéri. Peut-être ai-je tort de vous rappeler cette circonstance... une fausse interprétation de cet écrit. ..

SUNT-ANdRÉ , tiremenf. Oh! non. (Ti-

rant la lettre de ton etcar celle.) Qui donc pourrait se méprendre au contenu de cette épllre maudite? Oh ! vienne la guerre entre les partis, et vous apprendrez comment je me venge.

alfiéri. On nous observe, monseigneur, prenez garde.

SAINT-ANDRÉ. Eh! que m’importe.. . manj que-t-il donc quelque chose au ridicule dont me couvre cette sotte aventure?

saint-MÊgrin. Maréchal, je suis en possession de dix écus d’or; j'attends que votre seigneurie veuille bien me donner ina revanche.

saint-andré, à part. Oh! voilà ma vie, à moi, m’étourdir sans cesse... Cinq écus d’or au premier point.

ALFIÉRI, d Suint- André. Qu’av ez-vousdécidé à l’égard de ’Stelli?

SAINT-ANDRÉ. Stelli ! toujours ce nom maudit! Rien... (Tl reprend le jeu . puis d Alfiéri.) Qu’il soit ici dans nue heure.

tt continu* à jouer.

ALFIÉRI, torlanl. Ce projet, je le connaîtrai.

sotRDÉV al. Voici messire Alfiéri qui, suivant nos avis, va travailler au grand-cruvre...

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