SCÈNE IV
Les Mêmes, HÉLÈNE.
Hélène. El moi aussi , je serai Ib pour vous écouter, monseigneur.
tous, bas. La comtesse!
Hélène. Eh bien ! qui vous retient, monsieur le comte ?
SAINT-ANDltÉ. furieux. Madame, une telle démarche...
Hélène. Vous intimide, je le vois... vous avez raison, car au lieu da cette histoire que
vous vous apprêtiez b débiter b ces messieurs, la comtesse Hélène de i ustrac, désormais tel sera son nom, la comtesse de Lustrac dira hautement que devant la cour entière elle a été bassement calomniée en présence de l'homme qui seul a le droit de la faire respecter , et que cet homme a été assez lâche pour le souffrir... Je viens vous demauder compte de cette lâcheté, monseigneur.
SAINT-ANDRÉ, se contenant à peine, d part. Quelle audace ! (Haut.) Laissez-moi,
; messieurs.
Ton» sortant; la Comtes» support!- leurs rrftnis iree dignité, ce qui tes force à s'incliner devant elle. HÉLÈNE, après la sortie des Seigneurs.
Vous m’avez entendue, monseigneur, et vous allez, je l’espère, me faire connaître le mys- ! tère de votre conduite. ( Elle s'assied.) Je.
I vous écoute. (A part.) Qu'ils sont bas et vils cvs courtisans... Comme avec les dehors de ! la plus délicate politesse, ils savent torturer la I victime qu’ils se sont choisie et lui jeter au j visage, avec chaque parole sortant de leur bourhe, la honteet l’infamie!... \h! c'est af- ; freux !... Maisqn’aije donc fait, mon Dieu, pour être ainsi déshonorée?
SAINT-ANDRÉ, gui l'a écoutée en silence.
Ce que vous avez fait ?...
HÉLÈNE , comme sortant d'un ré te. Vous!
monsieur! Ah ! c’est vrai, je vous avais oublié; mais avec le souvenir, vous me rendez toute mon indignation.
SAINT-ANDRÉ. Assez, madame. (C aime.) Jusqu'alors , j'ai respecté votre douleur et maîtrisé ma colère ; mais il est temps, croyezle bien, de changer de langage. Oui . j'ai été témoin de ce supplice que vous avez eu à souffrir... de ce supplice qui me torturait aussi, moi, madame, car c'était mon honneur qui servait d'enjeu b la cruelle partie engagée dans les salons de la reine Eh bien, comme vous le disiez il n'y a qu’un moment, j'ai dévoré en silence l'affront sanglant que vous fit le chevalier d’Entragues b l'aide de celte histoire si ingénieusement brodée.
hélèné. Mais quel était donc votre but { en laissant abaisser, fouler aux pieds , celle j dont la réputation, l'honneur devrait être j votre bien le plus précieux?
! saint-André. Votre honneur!... mais préi tendez-vous donc me faire un crime d’en avoir été moins bon gardien que vous?
HÉtÉNE, effrayée. Que voulez-vous dire?
, saint- ANDRÉ. Que si j’ai supporté patiem-
ment cet outrage, c'est qu'il ne peut se laver ! que dans le sang, et que ce n'est pas celui du chevalier d'Entragues qui doit couler.
HÉLÈNE. Mais lequel donc?
saint-andrê. Celui du véritable coupable.
Pour cela , il me faut une bataille , car Ib seulement il est pennis b tout soldat d'a-
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border un prince du sang et de le combattre loyalement. N'est-ce pas sons dire assez clairement que je ne puis demander raison à M. de Condé? ’
Hélène. M. de Condé! Oh! monsieur, ain-i au lieu de me défendre, tous m’accusez... au lieu de laver l'insulte, tous ajoutez une nom elle insulte.
SAINT-ANDRÉ. Puisque vous me contraignez à mettre sous vos yeux la preuve accablante de votre perfidie, dites-moi donc ce que signifie celte lettre.
Hélène, prenant la lettre. Cette lettre?...
SAINT-ANORÉ. J'attends qu’il vous plaise de m'en expliquer le sens.
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