‹ Catherine de Medicis drame en cinq actesChapitre 61 sur 67 · CONDÉ, HÉLÈNE · texte numérisé non relu

CONDÉ, HÉLÈNE

Aot'itdt qu'UrMil® aperçoit Ondé f eîl* wrt. Le

Comte sort da pavillon et vient vers U ComltM*

qui est assis*.

CONDf. Me pardonnerez-vous, madame, d'avoir osé franchir le seuil de celte demeure sans y avoir été autorisé d’abord?

lift. Exe. Monseigneur!

r.oxnfi. Appelé par la reine, qui craint sans doute que la scène du donjon de Dreux n’ait quelque retentissement, après avoir signé une trêve avec M. de Guise, je suis accouru, non pour supplier... mais pour exiger de Catherine pleine et entière réparation pour vous. Hélène.

HtLfcNE. Cette réparation que, pour moi, vous êtes venu chercher... ne l'exigez pas, Louis... ne l'exigez pas de la reine surtout.

COMif. Un tel langage...

11ÊLËNE. Est celui que je dois vous tenir.

Oh ! oui , vous saurez tout, vous, mon seul ami en ce monde; vous qui avez toute ma confiance... Dieu sait si j'ai tout bravé, jusqu'au mépris feint ou vrai de mon époux, dans l'espoir de vivre seule, ignorée, après avoir renoncé au seul bonheur auquel je pouvais aspirer... Eli bien, ces sacrifices, cette abnégation de tnoi-mème, ma fortune anéantie, tout cela n'était pa» a^sez encore... il a fallu qu'un malheur plus grand vîut me frapper...

cotsnft. Achevez!...

ltfl.f.NE II a fallu que, moi pauvre recluse, on tint me trouver, me chercher au fond de cette retraite pour tne faire le d pnsitaire d’un secret dont la révélation serait un arrêt de mort !...

coxitf . Vous me faites trembler!...

ntl. E xe. fit cependant, lorsque je me vis attaquée dans ce que j'ai de plus cher; lorsque je vis ce malheureux jeune homme à mes genoux, pâle, tremblant, me conjurant, les maius jointes, de lui dévoiler le nom de

celle à qui il <loit le jour, je fus sur le point de me trahir, de le laisser échapper ce funeste secret... mais elle était 14, cette femme, me paralysant de son regard. .. Elle était là pour me dire : Ce que tu as fait n'est point assez. .. c'est la honte, le mépi is de tous qu'il faut subir!... car je ne puis, moi, être exposée au mépris de tous ; C'est ton honneur qu'il me faut enfin... pour sauver mon honneur... mon honneur de reine.

CONDÊ. Grand Dieu !

Hélène, ci cernent. Dites-moi maintenant, monseigneur, si cette réparation peut m'être accordée par Catherine?

condê. Oh ' mais c'est affreux !

Hélène. Oh! oui, bien affreuv... n'est-il pas vrai? Et lorsque, seule au monde, abandonnée de tous , j'appelais la mort qui seule pouvait me délivrer de mes tortures .. je tne rappelais que j’avais une tille; alors, je voulais vivre... vivre pour écarter de moi ces odieux soupçons qui devaient faire un jour son déshonneur.

condê. Oh ! mais Dieu ne permettra pas qu'il en soit ainsi!...

HÉLÈNE. Puisse-t-il vous entendre!

CONDÊ. Il fera plus, Hélène: ce repos...

que vous désirez tant... il vous l'accordera!... oui, tout me le fait espérer...

Il s« •! ir i/o vers le pavillon.

HÉLÈNE Qu'allez vous faire, monseigneur?

CONDÊ. Cette réhabilitation que vous appelez de tous vos vieux, madame, la reine peut vous l'accorder, et je vais la lui demander.

Hélène. Arrêtez!... Mais est-ce donc d’aujourd'hui que vous connaissez Catheiine?

Craignez ses vengeances; croyez-moi, monseigneur, mieux vaut la mort que la haine de cette femme.

CONDÊ. Mieux vaut la mort que le déshonneur, Hélène.

11 entra dans le pavillon.

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