‹ Catherine, ou, La croix d'orChapitre 12 sur 55 · AUSTERLITZ, MAURICE · texte numérisé non relu

AUSTERLITZ, MAURICE

AUSTERLITZ , les regardant sortir.

Pauvres chérubins !... Ah ça ! maintenant que

Austerlitz, Catherine, Louise, Maurice.

nous sommes seuls... j'ai rien dit... j'ai compris votre clignotement ; mais je ne pense pas que veus vouliez tâter de la reforme, taillé comme vous êtes...

MAURICE

Fi donc!... je ne suis pas un enfant!...

AUSTERLITZ

C'est d'autant plus heureux, que dans les conscrits d'aujourd'hui... il y en a beaucoup!... mais vous m'avez l'air d'un luron, et je serai ostensiblement flalté de vous introduire au feu et à la gamelle!... Pour lors, voyez-vous, nous ne devions partir avec le détachement que dam deux jours!... mais l'ancien là-bas a besoin de soi monde... il paraît que ça chauffe du côté du Kamchakka !

MAURICE

On le dit !

AUSTERLITZ

El nous ne pouvons pas laisser les amis nous attendre en plein vent comme des abricotiers!... Il s'agit donc de presser le pas, de doubler les étapes et d'arriver incognito par un mouvement combiné... simultané... et, si le cœur vous en dit, nous prendrons notre sac et nos... jambes... et demi-tour adroite... pas accéléré!...

MAURICE

Ah!... il faudrait partir siir-le-charap?

AUSTERLITZ

Toute la jeunesse qui compose le détachement vient de se réunir, et a décidé à Vinimitié que l'on se mettrait en route à la pointe du jour... fliAURiCE, tressaillant.

Cette nuit?...

AUSTERLITZ

A la fraîche ! c'est plus sain, dans c'te saison. Ainsi, mon jeune ami, des que l'aurore aux doigts de roses aura ouvert les portes du Setentrion, nous filerons vers les régions du péreborée, comme disait un ancien militaire ..

MAURICE, avec effort.

Je serai prêt, sergent... il m'en coûte de quitter une sœur... dont j'étais le seul appui... une pauvre jeune fille qui n'a que moi au monde!... mais ce départ précipité m'évitera au moins de pénibles adieux!...

AUSTERLITZ

Très bien!... voilà comme j'aime le soldat... résolu et intempestif!... Mon Dieu... je sais bien!... il n'y a rien de déchirant comme celui de quitter une amante!... Voyez- vous, jeune homme, je n'ai pas été d;ins ma vie sans avoir eu des liaisons charmantes, de véritables nœuds de fleurs... des guirlandes, quoi!.., eh bien ! jamais je ne faisais d'adieux... je ne in'étais pas mis sur ce pied-là ! je leur disais : Mes peliies poules... quand vous ne me verrez pas revenir... c'est que je serai parti... Comme ça on s'évite bien des peines de cœur !...

MACBICE.

Ah ! si vous saviez !...

ACSTERLITZ.

Mon Dieu ! quel est l'homme doué d'une taille avantageuse et d'un peu de physique qui n'ait été chéri, idolâtré...

AIAUniCE.

N'importe... je saurai payer ma dette à mon pays !...

AUSTEBLITZ.

Vous plierez tout ce qu'il faudra... je ne suis pas iiiiiuiélc de vous... comme disait un ancien militaire!... (ncvtnant sur ses pas.) A propos» diles-nioi... vous savez où nous allons!... vous ne feriez pas mal de mettre (luelque chose de chaud... un gilet de flanelle, un bonnet de soie noi;e... la moindre chose, pour garantir les oreilles !

MAURICE

Bah ! je ferai comme les autres !

ACSTERLITZ.

C'est qu'on dit que dans cette Russie il y a quelqifcfois des s^Aécs blanches... il tombe du givre, dçs giljou!ccs !...

MAURICE

Eh bien ! nous soufflerons dans nos doigts...

AUSTEIILUZ.

Ou nous iialtrons la semelle ! c'est dit... (lui (lonnaiu une guignée de main.) à la pointe du jour... MAURICE.

Motus... que personne ici ne se doute...

AUSTEBLITZ.

Soyez donc paisible!... je frapperai à cette fenêtre, toc, tac!... vous me répondrez: hem! hem!...'ie dirai: bon, bon!... et nous filons... 3Ies civilités à ces dames... sans que ça ait l'air de vciiirdemoil (Austcrliiz sort.)

O00l.O0;0v';O0C0i.C00OO00OO;CO0OO0CO0OO00O0O0O03O..O000

scÈlNIi; vi.

MAURICE, seul.

Il n'y a plus à reculer ! Pauvre sœur, pauvre Louise!... que vont-elles devenir?... et si je ne reviens pas !.. si je suis tué !... Ah ! voilà qui est horrible .. et si ju pouvais partir sans les revoir !

AIU : Il faudra quitter l'empire.

Si pour souffrir nous soinin-^s sur la ferre ,

Aloi, Dif'u merci , j'ai de la fermeté!

Je pourrais voir arrivfp la misère,

Ft la subir avec (nnq'iilliié !

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