CAT1IF.R1>'E
Tu as peur qu'il naniciie un mauvais numéro?...
LOLISE.
Dame ! on ne le choisit pas. s
CATin:njNE.
Qui est ce qui vous en empcclie? on y a la main! mais je suis I)icn tranquille, va! tout lui réussit à mon frérc ! .. il est comme Kapoléon ! ! ! il a son étoile.
LOLL^E.
Son étoile!... oui, joliment.
AIR : Qu'il est flatteur d'épouser celle. Ces deux nialadi's qu'il a faites!
Mais depuis, il n' s'en pon' que mieux...
LOUISE
Il 11' gagne rien !...
CATUERINË,
Il n' fait pasd' dettes!
Quand on est pauvr'... c'est bien licuicux! Avrfnt qu'il n' par>înt à le plaire, Il se s' rait marié de bf)n cœurl...
Pcrsonu' n'en a voulu, ma chère...
Il a toujours eu du bonheur !
LOUISE
Et c'te auberge oti il ne vient jamais de voyageurs...
Qu'est-ce que lu dis donc?... nous en avons un en blouse!... mais je doute (pi'il paie l'arrié'ré!... Aussi mon frérc a rendu cette bicoque au propriétaire, et il vient de prendre à bail une bonne petite ferme que nous ferons valoir... cl où nous irons nous établir des que vous serez mariés.
LOUISE
El s'il lOMibc au sort !...
Allons donc!... est-ce que c'est possible!... il n'y aurait plus de justice ici bas ni dans le ciel... Mon frérc! noire seul bien, notre seul appui! que dcviendrais-jc , grand Dieu !... moi (|iii n'ai de joie qu'aii|ircs de lui... Pauvre Maurice, je le
vois encore quand nous avons perdu notre père!... il n'avait que douze ans... et moi cinq. . il n'avait jamais voulu rien faire... il passait sa vie à jeter des pierres aux passans ou à grimper dans les pommiers des jardins voisins. ..un vrai polisson !... maisdcs qu'il vit que nous étions seuls au monde... et que je pleurais... il devint un hommel « Con- » soletoi , ma petite Catherine , me dit-il , je n'ai » quedouzcans .. maisc'est moi qui serai ton soute tien, ton protecteur!... je le jure devant Dieu... » devant mon père!... » Et il a tenu parole 1. il est devenu le meilleur sujet du village... Le matin, il me menait à l'école... et puis il allait travailler pour nous deux, dans les champs, dans les granges ! le soir il venait me reprendre... et rentrés chez nous... je lui moiUrais ce tpie j'avais appris le matin !... à lire, à écrire !... je faisais à mon tour la maîtresse d'éco'e!. . il m'écoulail, il se laissait gronder... il se laissait mettre en pénitence!... pauvre frère !...
LOUISE
Et moi donc !... est ce qu'il n'a pas Joigne ma mère comme la sienne propre '.... et quand je l'ai perdue, ne m a-t-il pas proposé de m'épouscr... en me disant avec un air si simple : Je Iravillais pour deux, mamselle... eh bien ! je travaillerai pour trois I
Oh! c'est un cœur ! . comme il n'y en a pas!...
AIR . Te souviens-tu , Marie?
Pour ce bon petit frfrc Je n' sais pas ce que j' fiais I Je suis presque, ina cliire, Jalous' de tes attraits !...
Louise , de son âuie Je connais la candeur...
Aussi j'approuv' ta flamme, Car je sens dans mon cœur Que j' voudrais ûtr' sa femme , Si j' n'étais pas sa sœur...
Eh 1 qui ne l'aimerait pas?
Vois-tu, il va amener un bon numéro... mes pressentiniens ne me trompent jamais!... (lcii;aiii vous vous mariez, nous nous installons dan? nuire petite ferme, où nous serons si hcurct'.x !• - '>^ trois...
LOUISE
Tous les quaire !... car lu le marieras nu^^i.
CATHliRINE.
Moi ? oh! non.
LOUISE
Pourquoi?...
CATlIEniNE.
Je n'aime personne.