MARIE
Les fausses imputations se dirigent principalement contre notre vénération pour la Bienheureuse Yierge Marie, Mère de Dieu. Il vous a été dit que nous l'adorons, nouvelle calomnie ajoutée à toutes les autres. Notre doctrine est aujourd'hui ce qu'elle était à l'origine du Christianisme, et ce qu'elle a été depuis, dans la succession des siècles. JSTous enseignons maintenant ce que St. Epiphane enseignait pour s'opposer aux hérétiques du quatrième siècle. " I^ous honorons Marie ; mais le Père, le Fils et le Saint Esprit reçoivent seuls nos adorations."*
Vous avancerez peut-être que nous avons en
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Marie une confiance plus grande qu'en Jésus- Christ. Cette assertion est de la même nature, calomnieuse. Nous croyons que le pouvoir d'intercession de Marie auprès de Dieu dérive des mérites de Jésus-Christ. Ses prières, comme celles des Saints, n'ont d'efficacité qu'en Lui et par Lui.
On vous a dit encore que, par la doctrine de l'Immaculée Conception, nous entendions que Marie a été, comme Jésus-Christ, conçue du Saint Esprit. Cette imputation est simplement absurde. Elle démontre un manque évident de bonne foi, ou une bien grossière ignorance. Pie IX. a proclamé la doctrine catholique solennellement, en plein jour, en présence de deux cents Evêques rassemblés de toutes les parties du globe ; les propres paroles du Pape furent publiées dans tous les journaux catholiques du pays, et cependant cette doctrine fut immédiatement représentée sous les couleurs les plus fausses. " C'est une vérité révélée," telle était la définition du Souverain Pontife, " que Marie a été conçue sans encourir la tache du péché originel," c'est-à-dire qu'elle n'a jamais été souillée par le péché de nos premiers parents. Mais la presse protestante et les ministres prote^ants de tout le monde représentèrent le Pape comme définis*
sant que Marie a été conçue, non d'un homme, mais du Saint Esprit. Chercher une preuve phis claire du peu d'importance que les chefs du protestantisme attachent à nous calomnier est inutile.
!Nous croyons que Marie a été exempte du péché originel, parce qu'il n'était pas convenable que le Fils de Dieu naquit d'une mère qui aurait été soumise à la malédiction du péché, et sous le pouvoir de l'ennemi juré de Dieu. Cette doctrine est manifestement conforme à la raison.
Un grand nombre de Protestants prennent plaisir à diminuer la dignité de la Mère de Dieu. C'est une suite de leur doctrine et une nouvelle preuve de l'inconséquence du protestantisme. Ils adorent le Fils et méprisent la Mère. Est il rien de plus opposé aux sentiments naturels ? Jésus-Christ a dit : " Celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé." Ne peut-on pas ajouter avec raison : Celui qui n'honore point la Mère, n'honore point le Fils. "Rappelez vous la prophétie du saint vieillard Siméon : " Yotre âme sera percée d'un glaive de douleur, afin que les pensées de plusieurs, cachées au fond de leur cœur, soient découvertes." L'indifférence et le mépris du protestantisme pour Marie, les
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efforts qu'il fait pour obscurcir sa gloire et la rabaisser au niveau des autres femmes, tout eu révèle les secrètes tendances et fait comprendre combien il est éloigné de l'esprit du christianisme. Plusieurs Protestants sincères le reconnaissent.
Je rencontrai dans l'Etat de Minnesota, sur les confins du territoire des Sioux, un François, officier de cavalerie qui, à l'époque oii je traversais Paris pour me rendre en Amérique, se battait dans les rues de cette ville pour réprimer une émeute populaire. Protestant de naissance, il avait épousé une femme catholique. Il en eut trois enfants qui furent élevés dans la religion de leur mère. Il était luimême Catholique, au moins par la disposition de son cœur. Dans le cours de la conversation, il me fit la remarque suivante : " Ce qui me plait le plus dans les Catholiques, c'est la dévotion et l'affection avec laquelle ils honorent Marie. Je suis né Protestant; mais j'aime à entendre ma femme et mes enfants répéter cette prière : ' Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort.' Ecoutez ce qui m'est arrivé à Paris. C'était pendant la révolution de 1848. Le Général Bugeaud arrive à cheval à ma maison, et s'écrie : ' Aux barricades.' Je fis à
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la hâte mon testament, j'embrasse ma femme et mes enfants, et montant à cheval, je me dh'ige vers le lieu du combat. La mêlée était terrible. J'ai pris part en Algérie à plus d'une bataille ; mais jamais je n'en ai vu de plus furieuse. Au milieu d'une grêle de balles, je pensai à la prière de mes enfants, et je répétai moi-même au fond du cœur : ' Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi.' Malgré la vivacité du feu, je ne reçus pas la plus légère blessure."
Luther rejetait la vénération due à Marie. Il semble que la salutation de l'Ange : " Je vous salue pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes ;"* les paroles inspirées d'Elizabeth : '^ Yous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni ;"f et la prophétie de Marie même: " Yoila ce qui me fera appeler bienheureuse dans la suite de tous les siècles ;":|: le couvraient de confusion et de honte. Il vous a défendu de l'appeler bienheureuse; il vous a séparés de celle à qui Jésus- Christ avait, dans la personne de St. Jean, confié le soin de tous ses frères. Revenez à votre Mère, elle est la Mère de Dieu ;
» Luc L 28. + Ibid. 42. t Ibid. 48.
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sa main compatissante vous ramènera à Jésus, et par Jésus à Dieu son Père.