LE CLERGÉ
On vous a répété mille fois que les Prêtres catholiques ne remplissaient qu’à prix d’argent les fonctions du saint ministère, qu’ils font un trafic de la confession et de l’absolution, et vendent la permission de commettre le péché. Tout ceci est pure calomnie. Il est vrai que les Catholiques sont dans l’usage d'offrir un honoraire à leur pasteur, à l’occasion des mariages, des baptèmes, des funérailles, ou lorsqu'ils démandent une messe pour une intention particulière. La somme donnée est ordinairement peu considérable, et dans tous les cas, elle n’est ni offerte, ni acceptée en échange des graces spirituelles ; elle l’est seulement comme moyen de contribuer à l’entretien du prêtre.
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Cette espèce de rétribution était prescrite dans l’Ancienne Loi, obligation que St. Paul confirme par ces paroles: “ Ne savez-uous pas que les ministres du temple mangent de ce qui est offert dans le temple, et que ceux qui servent à l’autel ont part aux oblations de l'autel ? Ainsi le Seigneur a aussi ordonné à ceux qui annoncent l’évangile de vivre de l’évangile.”* N’est-il pas juste que le peuple contribue au soutien du prêtre qui très probablement, s’il eut embrassé toute autre profession que celle du ministère, se serait presque toujours procuré des ressources plus abondantes. Les Juifs étaient obligés de donner au temple la dime de ce qu’ils possédaient, Si les Catholiques se soumettaient volontairement à une obligation pareille, ils feraient uniquement ce qui était prescrit dans l’ancienne loi; mais il n’y a pas une seule paroisse catholique qui contribue autant, et de laquelle on exige ou on espère des offrandes aussi considérables. En général les ressources des prêtres catholiques, surtout dans ce pays, sont médiocres et souvent même au dessous de la médiocrité. Leurs privations sont grandes, et peut-être peuvent-elles expliquer pourquoi il se trouve si peu d’Américains
# 1 Corin. ix. 18, 14.
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de naissance parmi les membres du clergé catholique.
Lorsque vous accusez les prêtres catholiques d’être dominés par l'amour de l'argent, ne pourrait-on pas renvoyer le même reproche à vos ministres? Je n’aime pas les récriminations et je me contenterai de vous demander : Quels sont les mieux pourvus des prêtres ou des ministres protestants? Je n’ai nul besoin de répondre. Si vous jetez les yeux sur l'Angleterre d’où vous êtes venus, vous apercevrez un coutraste plus frappant encore. Les immenses richesses de l'Eglise Anglicane sont généralement connues. Lorsqu’elles étaient entre les mains du clergé catholique, il les employait au soulagement des pauvres. En est-il de même à présent? Lisez l’histoire de la Réforme par Cobbett, et vous cesserez de faire aux prêtres catholiques un reproche qu'ils ne méritent pas.
L’Eglise n’oblige personne à payer pour l’administration des sacrements. A l’occasion du baptème les Catholiques font ce que vous faites vous-mêmes, ils contribuent au soutien. de leur pasteur ; mais ils ne sont pas obligés de le faire à cette occasion. Ils peuvent choisir un temps qui leur serait plus convenable. Rien n’est reçn pour la confession. Tout ce que vous
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entendez débiter contre nous à ce sujet n’est qu’une pure calomuie. Malheureusement elle n'est que trop répandue.
En 1859, je traversai l'Etat du Mississippi ; J'avais pris le chemin de fer. Celui de la Nouvelle Orléans n'étant point terminé, nous fûmes obligés d'attendre au milieu des bois les voitures publiques pour nous transporter à la Station suivante. Je louai un homme pour m’accompagner à l’hotel le plus voisin. Pendant qu’il passait sur une poutre jetée au dessus d’un fossé profond, il se retourne et me demande: “ Qui êtes-vous, Monsieur?” «Je suis prêtre catholique.” “ Prêtre catholique !” s’écria-t-il, d’un ton de voix qui indiquait la haine, et avec un air qui respirait le mépris, “je hais les prêtres catholiques.” Ma situation dans un endroit isolé, en presence d’un homme vigoureux et fort mal disposé à mon égard, était peu agréable. Je lui répondis cependant avec calme: “ Si tout ce que vous avez entendu diré des prêtres catholiques était vrai, je les haïrais beaucoup plus que vous ; mais, croyez-moi, tout cela n’est que préjugé et calomnie” 4 N’est-il pas certain,” repritsil, avec l’accent de la colère, que vous, prêtres, vous pardonnez les péchés pour de l'argent ?” Mon ami, regardez mos et voyez si je suis
sincère. J'étais prêtre avant votre naissance ; depuis cette époque, j'ai entendu des milliers de confessions, et maintenant je vous le déclare devant Dieu : pendant tout le cours de ma vie, jamais pour toutes ces confessions entendues soit en Europe, soit en Amérique, jamais je n’ai reçu un sou.” Ma réponse le satisfit ; il se calma, changea sa brusquerie en politesse et me fit plusieurs questions sur la religion catholique. En arrivant à l’hotel je le payai libéralement pour le service qu’il venait de me rendre. Après le souper je pus me convaincre du changément extraordinaire opéré dans ses sentiments à l'égard des prètres. En entrant dans le salon, il demanda d’un ton de voix solennel: “ Messieurs croyez-vous qu’il y ait sur la terre un véritable Chrétien?” Tout le monde éclata de rire, et quelqu'un lui dit; ‘ Pensez-vous être vous-mème ce Chrétien véritable ?” ‘Ce que je pense je vous le dirai: S'il y a sur la terre un véritable Chrétien, le voila,” dit-il, en me montrant de la main, “c'est ce prètre.” Ainsi sa haine sétait promptement changée en une affection exagérée.
Si les Américains en général voulaient prendre la peine de converser avec des prûtres catholiques, ou de lire nos livres, leurs préjugés
issance ; milliers déclare ma vie, tendues amais je tisfit ; il itesse et n cathoai libéde me vaincre dans ses entrant de voix il y ait Tout le lui dit; Yhrétien le dirai:
étien, le a main, e s'était tion ex-
oulaient , prètres préjugés
s’évanouiraient sur le champ, ei l’aversion cé-
derait la place à l'affection.