‹ Catholicisme, protestantisme et infidélité [microforme]Chapitre 40 sur 80 · INDULGENCES · texte numérisé non relu

INDULGENCES

I vous a été dit, et un grand nombre d’entre Vous s’imaginent qu’une Indulgence équivaut 20*

à une permission de pécher librement, et que moyennant une somme d'argent, elle est accordée par les prêtres à ceux qui désirent se la procurer. Cette supposition n’est rien autre chose qu’une noire calomnie. Un enfant, un simple catéchisme catholique vous donneraient des idées plus exactes. Comme je l'ai remarqué plus haut en traitant de ce sujet, une indulgence n’a rien à faire avec la rémission des péchés. L'effet qu’elle produit consiste dans la rémission de la peine temporelle dûe au péché. Elle suppose la contrition, la pénitence, le pardon des fautes commises, avec la disposition d’un cœur qui repousse toute affection volontaire à ce qui déplait à Dieu. Gagner une indulgence et commettre le péché implique une contradiction manifeste. Ces deux expressions cependant vous paraissent synonymes, et vous prenez une opinion entièrement fausse pour la doctrine de l'Eglise.

Je pourrais tourner cet argument contre vous mêmes et vous demander si la grande doctrine des premiers réformateurs n’est pas le salut par la foi. Or dire que la foi seule nous sauve, malgré le péché commis, et l'absence de tout sentiment de repentir, n'est-ce pas évidemment donner la permission de pécher tout à son aise? Luther n’a pas crainte de tirer

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cette conséquence et de donner le conseil scandaleux: “Péchez, mais croyez avec d'autant plus de fermeté qu'auparavant.”

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